X-ENS 2007, Приемен изпит — Задача 1. Plasmons dans les métaux

PHYSIQUE MPI — Filière MP

Внимание: Бележка към темата

Le livret contient un seul problème, « Plasmons dans les métaux », avec deux parties principales et une numérotation continue de 1 à 58. Aucun corrigé ni barème n’est disponible. Le potentiel est écrit comme un produit UxUyUz dans la question 10, la question 36 demande une dépendance en x, et le nom est imprimé « Erich Kreschmann » dans la question 47 : ces formulations originales sont conservées.

SESSION 2007 — Filière MP — PHYSIQUE MPI

70.02M

Épreuve commune aux ENS de Paris, Lyon et Cachan

Durée : 5 heures

L’usage de calculatrices électroniques de poche à alimentation autonome, non imprimantes et sans document d’accompagnement, est autorisé. Cependant, une seule calculatrice à la fois est admise sur la table ou le poste de travail, et aucun échange n’est autorisé entre les candidats.

Условие

Ce sujet porte sur les phénomènes liés aux oscillations collectives des électrons libres dans le volume et à la surface d’un métal. Ces oscillations, nommées plasmons, sont à l’origine de nombreuses applications en physique, chimie et biologie. La première partie de ce problème décrit la nature des plasmons dans un métal. La deuxième partie étudie les ondes de surface liées aux plasmons sur une interface air-métal. Les deux parties du problème peuvent être traitées de manière indépendante. L’usage des calculatrices de poche à alimentation autonome, non imprimantes et sans document d’accompagnement, est autorisé.

On considérera que du point de vue de la propagation des ondes électromagnétiques l’air se comporte comme le vide et que le métal est non-magnétique.

Dans tout le problème un métal sera modélisé par un milieu isotrope homogène conducteur, de conductivité statique γ0\gamma_0, comprenant par unité de volume NN électrons mobiles dans un réseau fixe d’atomes. Seul un électron par atome participe à la conduction dans le métal. Chacun de ces électrons est assimilé à une particule de masse mm et de charge (−e)(-e) libre de se mouvoir, les interactions subies se limitant à des chocs dont on ne cherchera pas à préciser la nature.

Constantes physiques et données numériques:

Permittivité du vide : ε0=8,85 10−12 F.m−1\varepsilon_0=8,85\ 10^{-12}\ \mathrm{F.m^{-1}}

Perméabilité magnétique du vide : μ0=4π 10−7 H.m−1\mu_0=4\pi\ 10^{-7}\ \mathrm{H.m^{-1}}

Constante de Boltzmann : kB=1,38 10−23 J.K−1k_B=1,38\ 10^{-23}\ \mathrm{J.K^{-1}}

Constante de Planck : h=6,63 10−34 J.sh=6,63\ 10^{-34}\ \mathrm{J.s}

Nombre d’Avogadro : NA=6,02 1023 mol−1N_A=6,02\ 10^{23}\ \mathrm{mol^{-1}}

Masse de l’électron : m=9,11 10−31 kgm=9,11\ 10^{-31}\ \mathrm{kg}

Charge de l’électron : e=1,60 10−19 Ce=1,60\ 10^{-19}\ \mathrm{C}

Masse molaire atomique de l’or : M=197 g mol−1M=197\ \mathrm{g\ mol^{-1}}

Masse volumique de l’or : d=19,3 g.cm−3d=19,3\ \mathrm{g.cm^{-3}}

Conductivité statique de l’or: γ0=45,5 106 S.m−1\gamma_0=45,5\ 10^6\ \mathrm{S.m^{-1}}

Notation des nombres complexes : i2=−1i^2=-1

Relation d’analyse vectorielle :

rot→(rot→(U⃗))=grad→(div(U⃗))−Δ(U⃗)\overrightarrow{\mathrm{rot}}(\overrightarrow{\mathrm{rot}}(\vec U))=\overrightarrow{\mathrm{grad}}(\mathrm{div}(\vec U))-\Delta(\vec U)

I. Oscillations électroniques dans un métal

I.1. Modèle microscopique du comportement des électrons

On suppose que les électrons du métal subissent de nombreux chocs affectant leur mouvement de telle manière que leur vitesse après un choc est totalement indépendante de la vitesse avant ce choc, en module et en direction. Pour un électron donné les chocs surviennent aux temps tqt_q avec q=1…nq=1\ldots n, la durée Δt\Delta t entre deux chocs successifs obéissant à la loi de probabilité P(Δt)=1τexp⁡(−Δt/τ)P(\Delta t)=\frac1\tau\exp(-\Delta t/\tau). On considérera que la moyenne statistique d’une grandeur GG sur un grand nombre de chocs, notée ⟨G⟩\langle G\rangle, coïncide avec sa moyenne temporelle G‾\overline G définie par G‾=∫0∞G(t)P(t)dt\overline G=\int_0^\infty G(t)P(t)\mathrm{d}t.

1. Justifier que τ\tau peut-être considéré comme la durée moyenne entre deux collisions, et calculer Δt2‾\overline{\Delta t^2}.

2. Quelle est la valeur moyenne du vecteur vitesse d’un électron en l’absence de champ extérieur ?

3. Définir et calculer la valeur quadratique moyenne vcv_c de la vitesse d’agitation d’un électron en fonction de son énergie cinétique moyenne EE. Calculer vcv_c pour E=5E=5 eV et commenter son ordre de grandeur.

4. Montrer, en comparant la vitesse vcv_c à la vitesse thermique des électrons, que l’énergie des électrons dans le métal n’est pas d’origine thermique.

5. On place maintenant le matériau dans un champ électrique uniforme E⃗0=E0⋅u⃗x\vec E_0=E_0\cdot\vec u_x. On note vq→\overrightarrow{v_q} la vitesse de l’électron immédiatement après le choc survenu au temps tqt_q. Déterminer la vitesse instantanée v⃗\vec v à tout instant t∈]tq,tq+1[t\in]t_q,t_{q+1}[ puis la grandeur (vq+1→−vq→)(\overrightarrow{v_{q+1}}-\overrightarrow{v_q}).

6. La moyenne ⟨(vq+1→−vq→)⟩\langle(\overrightarrow{v_{q+1}}-\overrightarrow{v_q})\rangle est appelée vitesse de dérive v⃗d\vec v_d d’un électron sous l’effet du champ électrique. Exprimer v⃗d\vec v_d en fonction de E⃗0\vec E_0, ee, τ\tau, et mm.

7. Montrer qu’on obtiendrait la même expression de v⃗d\vec v_d qu’en 6. en ignorant le mouvement désordonné des électrons mais en supposant que chacun d’eux est soumis à une force supplémentaire de friction F⃗=−ζv⃗\vec F=-\zeta\vec v. Donner l’expression de v⃗d\vec v_d et en déduire que ζ=m/τ\zeta=m/\tau.

8. On adopte par la suite cette description utilisant la force de friction F⃗\vec F. On rappelle qu’un seul électron par atome contribue à la conductivité de l’or. Exprimer la conductivité γ0\gamma_0 en fonction de NN, ee, τ\tau, mm. Donner les valeurs numériques de NN et τ\tau pour l’or.

9. On applique une différence de potentiel de 1 V sur 1 mm de métal. Comparer les valeurs numériques de vcv_c et vdv_d.

10. Les observations précédentes montrent que l’énergie d’agitation EE provient d’une origine non thermique. Une approche quantique est nécessaire pour expliquer le comportement énergétique d’un gaz d’électrons libres dans le métal. En physique quantique, l’énergie EE associée au mouvement d’un électron dans une structure ordonnée d’ions fixes ne peut être quelconque : elle prend des valeurs discrètes EpE_p (avec pp entier) auxquelles sont associées des fonctions d’onde de matière ψp(x,y,z)\psi_p(x,y,z) qui traduisent le comportement spatial de l’électron dans l’état excité d’énergie EpE_p. L’électron est soumis à un potentiel périodique dans les trois dimensions xx, yy et zz s’écrivant comme un produit U(x,y,z)=Ux(x)Uy(y)Uz(z)U(x,y,z)=U_x(x)U_y(y)U_z(z). On admet que la fonction ψ(x,y,z)\psi(x,y,z) peut s’écrire comme le produit de trois fonctions de variables indépendantes ψ(x,y,z)=f(x)g(y)h(z)\psi(x,y,z)=f(x)g(y)h(z). A la fonction f(x)f(x) (respectivement g(y),h(z)g(y),h(z)) on peut associer une énergie ExE_x (respectivement Ey,EzE_y,E_z).

A une dimension xx, les grandeurs (f(x),Ex)(f(x),E_x) obéissent à l’équation de Schrödinger :

−ℏ22mΔf(x)+Ux(x)f(x)=Exf(x)(1)\frac{-\hbar^2}{2m}\Delta f(x)+U_x(x)f(x)=E_xf(x)\qquad(1)

Les grandeurs (g(y),Ey)(g(y),E_y) et (h(z),Ez)(h(z),E_z) obéissent à des équations similaires.

On considère un domaine élémentaire de la structure cristalline périodique du métal dans la direction xx, défini par x∈[0,Lx]x\in[0,L_x], avec Ux(x)=0U_x(x)=0 à l’intérieur de ce domaine, et Ux(x)=∞U_x(x)=\infty sur ses bords. De plus f(x)f(x) s’annule sur ces bords.

Montrer que la fonction f(x)f(x) s’écrit sous la forme: f(x)=f0sin⁡(Kxx)f(x)=f_0\sin(K_xx), où f0f_0 et KxK_x sont des constantes.

11. Préciser l’unité de KxK_x et montrer que Ex=ℏ2Kx2/(2m)E_x=\hbar^2K_x^2/(2m).

12. Montrer que les conditions aux limites imposent des valeurs particulières pour KxK_x notées KxpK_{xp} (avec pp entier) et exprimer ces valeurs. Justifier que l’on peut se restreindre aux valeurs Kxp>0K_{xp}>0.

13. Les conditions aux limites de Uy(y)U_y(y) et Uz(z)U_z(z) sont identiques à celles de Ux(x)U_x(x) sur les domaines respectifs y∈[0,Ly]y\in[0,L_y] et z∈[0,Lz]z\in[0,L_z]. Montrer qu’à trois dimensions la fonction d’onde totale peut s’écrire :

ψ(x,y,z)=ψ0sin⁡(Kxx)sin⁡(Kyy)sin⁡(Kzz)(2)\psi(x,y,z)=\psi_0\sin(K_xx)\sin(K_yy)\sin(K_zz)\qquad(2)

avec ψ0\psi_0 une constante positive ou négative, Ey=ℏ2Ky2/(2m)E_y=\hbar^2K_y^2/(2m) et Ez=ℏ2Kz2/(2m)E_z=\hbar^2K_z^2/(2m).

14. L’énergie EE associée à la fonction d’onde ψ(x,y,z)\psi(x,y,z) vaut E=Ex+Ey+EzE=E_x+E_y+E_z. En déduire les valeurs d’énergie EE possibles pour l’électron.

15. On souhaite calculer l’énergie totale du gaz d’électrons à partir de leurs énergies quantifiées EpE_p. On se place dans l’espace des K⃗\vec K, vecteurs d’onde de matière de composantes Kx,Ky,KzK_x,K_y,K_z. Cet espace est défini graphiquement par le repère (Kx,Ky,Kz)(K_x,K_y,K_z). Comment sont disposées dans cet espace les valeurs possibles de K⃗\vec K imposées par les conditions aux limites de ce problème ?

Donner les valeurs de ΔKx,ΔKy,ΔKz\Delta K_x,\Delta K_y,\Delta K_z, entre deux points consécutifs dans chacune des directions respectives Kx,Ky,KzK_x,K_y,K_z. Justifier que le produit ΔKx⋅ΔKy⋅ΔKz\Delta K_x\cdot\Delta K_y\cdot\Delta K_z représente dans cet espace le volume occupé par un état électronique.

16. Représenter dans l’espace des K⃗\vec K la zone correspondant à des états d’énergie inférieure à une énergie EE donnée. Soit n(E)n(E) le nombre d’états d’énergie inférieure à EE. On admet que la prise en compte du spin de l’électron revient à multiplier par 2 le nombre d’états calculés.

Donner l’expression de dn(E)\mathrm{d}n(E), nombre d’états correspondant à un vecteur d’onde de norme comprise entre KK et K+dKK+\mathrm{d}K, où KK est la norme du vecteur d’onde associé à l’énergie EE. On supposera n(E)n(E) très grand, si bien que dKx,y,z≫ΔKx,y,z\mathrm{d}K_{x,y,z}\gg\Delta K_{x,y,z}.

17. En intégrant dn(E)\mathrm{d}n(E) entre E=0E=0 et EE, montrer que :

n(E)=LxLyLz3π2ℏ3(2mE)32(3)n(E)=\frac{L_xL_yL_z}{3\pi^2\hbar^3}(2mE)^{\frac32}\qquad(3)

18. L’énergie du gaz d’électrons dans le métal EFE_F (appelée énergie de Fermi) est calculée par analogie avec la chimie : de la même façon que les propriétés des atomes sont définies par les électrons de plus haute énergie, l’énergie EFE_F correspond à celle du dernier niveau rempli. En déduire que :

EF=ℏ22m(3π2N)23(4)E_F=\frac{\hbar^2}{2m}(3\pi^2N)^{\frac23}\qquad(4)

Donner la valeur numérique de EFE_F dans l’or et justifier la valeur de l’énergie cinétique d’agitation EE donnée dans la question 3..

I.2. Plasmons dans un métal

Dans cette partie on modélise les collisions subies par les électrons par une force de frottement fluide −mv⃗/τ-m\vec v/\tau introduite dans la section précédente, v⃗\vec v étant la vitesse de l’électron et τ\tau la constante de temps des collisions. Le champ électrique appliqué au métal est maintenant dépendant du temps et s’écrit E⃗(t)\vec E(t).

19. Montrer que s’il existe à l’instant t=0t=0 une densité volumique de charges ρ0\rho_0 en un point du conducteur de conductivité γ0\gamma_0, celle-ci disparaît très rapidement. On calculera le temps de relaxation correspondant.

20. Dans un régime forcé dans lequel le champ appliqué au métal est sinusoïdal et s’écrit en notation complexe E⃗(t)=E⃗0exp⁡(iωt)\vec E(t)=\vec E_0\exp(i\omega t), déterminer la vitesse d’un électron en régime permanent. En déduire, à partir de la loi d’Ohm locale, que la conductivité γ(ω)\gamma(\omega) complexe en régime variable s’écrit :

γ(ω)=γ0(1+iωτ)(5)\gamma(\omega)=\frac{\gamma_0}{(1+i\omega\tau)}\qquad(5)

21. Montrer que ce régime autorise pour la densité de charge ρ(t)\rho(t) des oscillations amorties dont on donnera la pseudo-pulsation ainsi que le temps de décroissance en fonction de τ\tau et de la pulsation ωp=γ0/ε0τ\omega_p=\sqrt{\gamma_0/\varepsilon_0\tau}. Celle-ci est appelée pulsation plasmon par analogie à la pulsation plasma dans les gaz.

22. En comparant les ordres de grandeur de ωp\omega_p et de 1/τ1/\tau, commenter le comportement de ρ(t)\rho(t).

23. La pulsation plasmon provient d’une oscillation spatiale des charges propre au métal dont on peut retrouver l’origine en l’assimilant à un gaz d’électrons de densité (−Ne)(-Ne) se superposant à un support de charges positives de densité (Ne)(Ne). Justifier que l’on peut considérer les ions du métal comme fixes par rapport aux électrons. Montrer que sous l’action d’un déplacement δx\delta x du gaz d’électron dans la direction xx, il se crée un champ électrique induit que l’on exprimera en fonction de NN, ee et δx\delta x.

24. Retrouver la pulsation propre des oscillations du gaz d’électrons sous la forme ωp=Ne2/mε0\omega_p=\sqrt{Ne^2/m\varepsilon_0}. On notera que dans cette oscillation, ρ\rho reste nul à l’intérieur du métal. Seule une charge surfacique apparaît à la surface du métal.

II. Couplage champ - plasmons

II.1. Propagation dans un métal

Dans cette partie on étudie le couplage d’une onde électromagnétique avec les oscillations plasmons décrites dans la partie précédente. Le conducteur métallique est parcouru par une onde électromagnétique plane progressive monochromatique de vecteur d’onde k⃗\vec k suivant le sens positif de l’axe zz. On notera le champ électrique complexe associé à cette onde : E⃗(z,t)=E⃗0exp⁡(i(ωt−kz))\vec{\mathcal E}(z,t)=\vec E_0\exp(i(\omega t-kz)). On négligera l’effet du champ magnétique sur le mouvement des électrons de telle manière que l’expression γ(ω)\gamma(\omega) donnée en équation (5) reste valable.

25. A partir des équations de Maxwell, démontrer la relation de dispersion du vecteur d’onde :

k2(ω)=ω2c2(1−iγ(ω)ωε0)(6)k^2(\omega)=\frac{\omega^2}{c^2}\left(1-i\frac{\gamma(\omega)}{\omega\varepsilon_0}\right)\qquad(6)

26. On suppose dans un premier temps que la pulsation de l’onde est faible devant la fréquence des collisions dans le métal de telle manière que ω≪1/τ\omega\ll1/\tau. Justifier pourquoi la conductivité est la même qu’à champ d’excitation constant. A quelle longueur d’onde dans le vide ce domaine de fréquences correspond-il ?

27. En utilisant une expression simplifiée pour k(ω)k(\omega), montrer que dans ces conditions le champ s’écrit :

E⃗(z,t)=E⃗0exp⁡(−z/δ)exp⁡(i(ωt−z/δ))(7)\vec{\mathcal E}(z,t)=\vec E_0\exp(-z/\delta)\exp(i(\omega t-z/\delta))\qquad(7)

Exprimer la profondeur de pénétration δ\delta en fonction de γ0\gamma_0, ω\omega et μ0\mu_0. Représenter graphiquement la dépendance en zz de l’amplitude spatiale du champ (en considérant z=0z=0 à l’entrée du métal). Calculer δ\delta pour des ondes de fréquences 50 Hz et 100 MHz.

28. On se place maintenant dans le cas ω≫1/τ\omega\gg1/\tau. Montrer qu’en première approximation : k2(ω)=ω2/c2−ωp2/c2k^2(\omega)=\omega^2/c^2-\omega_p^2/c^2. Sous quelle condition l’onde peut-elle se propager dans le métal ?

29. Dans le domaine de fréquence dans lequel il n’y a pas propagation, donner l’expression de la distance de pénétration δp\delta_p dans le métal en fonction de ω\omega, ωp\omega_p et cc. Calculer cette distance pour une fréquence dans le visible.

II.2. Plasmons de surface sur un métal

On étudie dans cette partie l’effet des oscillations électroniques à la surface d’un métal sur la propagation des ondes électromagnétiques. De la même manière que précédemment, il n’y a pas d’accumulation de charges à l’intérieur du métal. On considère une interface entre le métal occupant l’espace z>0z>0 et l’air occupant l’espace z<0z<0. Sur cette interface, on cherche les ondes électromagnétiques sous la forme d’ondes planes inhomogènes de champs électrique et magnétique complexes :

E⃗l(x,z,t)=E⃗l(z)exp⁡(i(ωt−kxx))B⃗l(x,z,t)=B⃗l(z)exp⁡(i(ωt−kxx))(8)\begin{aligned}\vec{\mathcal E}_l(x,z,t)&=\vec E_l(z)\exp(i(\omega t-k_xx))\\\vec{\mathcal B}_l(x,z,t)&=\vec B_l(z)\exp(i(\omega t-k_xx))\end{aligned}\qquad(8)

avec l=1l=1 dans l’air et l=2l=2 dans le métal. kxk_x est la composante suivant xx du vecteur d’onde dans les deux milieux et E⃗l(z)\vec E_l(z) l’amplitude spatiale du champ.

30. Exprimer dans le cas présent les équations de Maxwell satisfaites par les champs électriques et magnétiques dans l’air et le métal de conductivité γ(ω)\gamma(\omega).

31. On suppose que les champs E⃗l(z)\vec E_l(z) (l=1,2)(l=1,2) sont polarisés dans le plan (x,z)(x,z). Montrer qu’alors le champ magnétique associé B⃗l(z)\vec B_l(z) est dirigé suivant l’axe yy, et que le problème se ramène à la recherche de la fonction scalaire Elx(z)E_{lx}(z) dans chacun des deux milieux.

32. Montrer que Elx(z)E_{lx}(z) vérifie l’équation différentielle pour l=1,2l=1,2 :

d2Elx(z)dz2−(kx2−ω2μ0εl)Elx(z)=0(9)\frac{\mathrm{d}^2E_{lx}(z)}{\mathrm{d}z^2}-(k_x^2-\omega^2\mu_0\varepsilon_l)E_{lx}(z)=0\qquad(9)

avec ε1=ε0\varepsilon_1=\varepsilon_0 la permittivité de l’air et ε2=ε0−iγ(ω)/ω\varepsilon_2=\varepsilon_0-i\gamma(\omega)/\omega celle du métal.

Dans toute la suite on considère les ondes de pulsation ω\omega telle que ω≫1/τ\omega\gg1/\tau. Montrer qu’alors ε2\varepsilon_2 est réel.

33. Montrer que la forme générale des solutions de cette équation différentielle s’écrit Elx(z)=αlexp⁡(z/δl)+βlexp⁡(−z/δl)E_{lx}(z)=\alpha_l\exp(z/\delta_l)+\beta_l\exp(-z/\delta_l) pour l=1,2l=1,2, avec des constantes δl\delta_l dont on donnera l’expression en fonction de kxk_x et εl\varepsilon_l.

34. On cherche des solutions sous la forme d’ondes de surface : ces ondes se propagent dans la direction xx, restent confinées au voisinage z=0z=0 de part et d’autre de l’interface (1−2)(1-2), et s’annulent pour zz infini. Montrer qu’alors nécessairement δl\delta_l est réel. On choisit δl\delta_l positif pour l=1,2l=1,2 : donner l’expression simplifiée de Elx(z)E_{lx}(z) pour l=1,2l=1,2.

35. Donner la forme des autres composantes Elz(z)E_{lz}(z) et Bly(z)B_{ly}(z). Quel est l’état de polarisation du champ électrique dans le plan (x,z)(x,z) ?

36. Représenter la dépendance en xx des amplitudes des vecteurs E⃗l\vec{\mathcal E}_l de chaque coté de l’interface. Représenter de même l’amplitude de la moyenne temporelle du vecteur de Poynting ⟨Π⃗l⟩(x,z)\langle\vec\Pi_l\rangle(x,z) en fonction de xx puis de zz.

37. On admet que dans la description présente il n’y a pas lieu d’introduire de courant de surface. En utilisant les relations de continuité des champs sur l’interface z=0z=0, montrer que :

ε1δ1+ε2δ2=0(10)\varepsilon_1\delta_1+\varepsilon_2\delta_2=0\qquad(10)

En déduire le signe de ε2\varepsilon_2.

38. Montrer que la relation de dispersion liant kxk_x à ω\omega s’écrit :

kx2(ω)=ε1ε2ε1+ε2μ0ω2(11)k_x^2(\omega)=\frac{\varepsilon_1\varepsilon_2}{\varepsilon_1+\varepsilon_2}\mu_0\omega^2\qquad(11)

39. Exprimer kx2(ω)k_x^2(\omega) en fonction de ω\omega, ωp\omega_p et cc. En prenant en compte les caractéristiques des ondes de surface définies en 34., en déduire le domaine de fréquences autorisant la propagation d’une telle onde le long de l’interface (1−2)(1-2). Donner les expressions des profondeurs de pénétration de l’onde δl(ω,ωp)\delta_l(\omega,\omega_p) (l=1,2)(l=1,2) de part et d’autre de l’interface et calculer ces distances pour une longueur d’onde dans le vide de 500 nm.

40. Représenter graphiquement kx(ω)k_x(\omega) dans le domaine de fréquences défini en 39.. Discuter les cas : ω≪ωp\omega\ll\omega_p, ω→ωp/2\omega\rightarrow\omega_p/\sqrt2.

41. La solution à la pulsation ω=ωp/2\omega=\omega_p/\sqrt2 est appelée pulsation propre du plasmon de surface. En étudiant la limite du rapport Elx(z=0)/Elz(z=0)E_{lx}(z=0)/E_{lz}(z=0) pour ω→ωp/2\omega\rightarrow\omega_p/\sqrt2, donner la polarisation de cette onde dans le plan (x,z)(x,z).

II.3. Excitation des plasmons de surface

Dans cette partie on cherche les conditions de création d’une onde de surface, confinée de part et d’autre de l’interface air-métal telle que décrite précédemment. On se place dans le domaine de longueurs d’onde telles que ω<ωp/2\omega<\omega_p/\sqrt2.

II.3.1. Couplage par réflexion

Une onde plane monochromatique se propageant dans un milieu noté 3 parvient à l’interface (x,y)(x,y) sous une incidence θ3\theta_3. Le champ électrique en r⃗\vec r de cette onde s’écrit E⃗3(r⃗,t)=E⃗3exp⁡(i(ωt−k⃗3⋅r⃗))\vec{\mathcal E}_3(\vec r,t)=\vec E_3\exp(i(\omega t-\vec k_3\cdot\vec r)), où E⃗3\vec E_3 et le vecteur d’onde k⃗3\vec k_3 appartiennent au plan d’incidence (x,z)(x,z). On note k⃗3′\vec k_3' et k⃗2\vec k_2 les vecteurs d’onde des ondes éventuellement réfléchies ( d’amplitude E⃗3′\vec E_3') et transmises (d’amplitude E⃗2\vec E_2) par l’interface (figure 1).

Diagramme original du couplage par réflexion, avec les trois milieux 3, 2 et 1, les axes x et z, tous vecteurs et les angles θ3 et θ3 prime.
Figure 1: Couplage par réflexion

42. Montrer que la relation de continuité des champs à l’interface (3−2)(3-2) impose que k⃗3\vec k_3, k⃗3′\vec k_3' et k⃗2\vec k_2 soient coplanaires dans le plan d’incidence (x,z)(x,z), et qu’il y ait continuité des composantes tangentielles des vecteurs d’onde :

k3x=k3x′=k2x(12)k_{3x}=k'_{3x}=k_{2x}\qquad(12)

Cette onde parvient sur une fine couche de métal (milieu 2) en contact avec l’air (milieu 1) en z=0z=0 (figure 1). On souhaite faire propager une onde de surface sur l’interface (1−2)(1-2). L’épaisseur de la couche de métal est considérée comme suffisamment grande pour que la forme précédente des champs dans les milieux 1 et 2 reste valable (équation (8)), et suffisamment fine pour que l’onde de surface sur l’interface (1−2)(1-2) puisse éventuellement être excitée par couplage avec l’onde propagative du milieu 3. Son vecteur d’onde est alors défini par la relation (11).

43. On suppose dans un premier temps que le milieu 3 est l’air : en exprimant k3xk_{3x} pour une incidence θ3\theta_3, montrer que quelle que soit sa pulsation, l’onde propagative du milieu 3 ne peut exciter l’onde de surface : on utilisera pour cela une représentation graphique dans laquelle on utilisera les courbes respectives de klx(ω)k_{lx}(\omega) dans l’air (l=3)(l=3) et le métal (l=2)(l=2).

44. Que devient k3xk_{3x} si 3 est maintenant un milieu d’indice n3n_3 ? Montrer qu’il est alors possible d’exciter l’onde de surface à condition que l’angle θ3\theta_3 dépasse une valeur limite que l’on donnera. On supposera n3n_3 indépendant de ω\omega.

45. Pour une onde incidente propagative de pulsation ω\omega montrer qu’il existe un unique angle θ3=θ3p\theta_3=\theta_{3p} réalisant le couplage à l’onde de surface. Exprimer θ3p\theta_{3p} en fonction de ω\omega, ωp\omega_p et n3n_3, et calculer cet angle pour une longueur d’onde incidente de 500 nm dans le vide et un indice n3=1,541n_3=1,541. On suppose que, lorsque l’onde de surface est excitée, l’énergie qu’elle transporte est absorbée. Que peut-on dire qualitativement du coefficient de réflexion de l’onde à θ3=θ3p\theta_3=\theta_{3p} ?

Donner un ordre de grandeur de l’épaisseur maximum à donner au métal pour que le confinement ait bien lieu à cette longueur d’onde.

46. Expliquer pourquoi pour toutes les autres incidences, la réflexion sur l’interface est totale. Quelle est alors la direction du vecteur d’onde k⃗3′\vec k_3' ? Représenter qualitativement en fonction de θ3\theta_3, l’amplitude mesurée dans la direction θ3′\theta_3' de l’onde éventuellement réfléchie.

47. Cette configuration, introduite par Erich Kreschmann en 1968, permet de réaliser un dispositif de spectroscopie très sensible à des molécules déposées sur la surface libre du métal. En admettant que le remplacement de l’air (milieu 1) par un milieu d’indice nn revient à remplacer ε1\varepsilon_1 par n2ε0n^2\varepsilon_0 dans l’expression (11), donner la relation de dépendance à l’indice de l’angle de couplage θ3p(n)\theta_{3p}(n).

48. Calculer dθ3p(n)/dn\mathrm{d}\theta_{3p}(n)/\mathrm{d}n en supposant que la permittivité ε2\varepsilon_2 vérifie ∣ε2∣≫n2ε0|\varepsilon_2|\gg n^2\varepsilon_0. Dans une bio-puce (capteur de molécules biologiques) utilisant ce procédé, le milieu d’indice nn est de l’eau (n=1,333)(n=1,333) dans laquelle on dilue des molécules biologiques en très faible quantité. L’attachement de ces molécules à la surface provoque de faibles variations d’indice au niveau de la surface. Donner la variation d’indice minimum mesurable dnmin\mathrm{d}n_{min} sachant que la mesure de l’angle θ3p\theta_{3p} par réflexion peut s’effectuer avec une précision de 10−310^{-3} degrés.

49. On souhaite mesurer cette variation d’indice dans une lame d’épaisseur ee dans un interféromètre de Michelson de précision de mesure de déphasage de 10−410^{-4} rad, travaillant à une longueur d’onde de 500 nm : quelle est l’épaisseur minimum à donner à la lame pour que dnmin\mathrm{d}n_{min} soit mesurable ? Commenter.

50. Un brin d’ADN possède une masse molaire de 3 1063\ 10^6 g/mol. Sachant que la variation d’indice du milieu en fonction de la concentration en ADN est de dn/dC=0,2\mathrm{d}n/\mathrm{d}C=0,2 mL/g, quelle est la concentration molaire minimum d’ADN observable en surface de cette bio-puce ?

II.3.2. Couplage par diffraction

Une autre possibilité pour coupler une onde électromagnétique propagative à une onde de surface est de remplacer la surface plane métallique par une structure en réseau de diffraction telle que représentée sur la figure 2. On considère des bandes métalliques disposées périodiquement avec une période Λ\Lambda. Ce réseau est éclairé par une onde plane d’angle d’incidence θ3\theta_3 dans l’air, et on collecte l’intensité en réflexion. Les bandes du réseau sont d’épaisseur suffisamment petite devant la longueur d’onde pour considérer la structure comme une faible perturbation de l’interface plane.

Diagramme original du réseau métallique, période Λ, onde incidente E3 et k3, angles θ3 et θq, rayon diffracté et axes x et z complets.
Figure 2: Couplage par diffraction

51. Définir les ordres de diffraction qq (avec qq entier) de ce réseau et donner leurs directions angulaires θq\theta_q en réflexion. En déduire que la composante kxqk_{xq} selon xx du vecteur d’onde de l’ordre q diffracté s’écrit :

kxq(ω)=ωcsin⁡θ3±q2πΛ(13)k_{xq}(\omega)=\frac\omega c\sin\theta_3\pm q\frac{2\pi}{\Lambda}\qquad(13)

En utilisant la relation de dispersion kx(ω)k_x(\omega) de l’onde de surface déterminée en question 39., montrer qu’il est possible de coupler une onde diffractée à l’onde de surface du métal. On raisonnera graphiquement. Déterminer le pas de réseau minimum Λmin\Lambda_{min} autorisant ce couplage à la longueur d’onde 500 nm dans le vide, pour une incidence de θ3=45∘\theta_3=45^\circ.

52. En 1902, Robert W. Wood observe que le spectre de diffraction d’une lumière blanche par un réseau de fines bandes métalliques possède des raies noires : expliquer ce phénomène. Quel est le nombre de raies présentes dans la zone spectrale 750 – 1500 nm pour un réseau de pas 10 μ\mum illuminé sous une incidence de 45° ? On fera les approximations nécessaires en notant que dans ce domaine de longueurs d’onde ω≪ωp\omega\ll\omega_p.

II.4. Extraction de la lumière confinée sous forme d’onde de surface

Dans les questions suivantes on étudie le problème inverse de l’extraction de la lumière d’une surface métallique où celle-ci est initialement confinée sous forme d’une onde de surface à deux dimensions. Cette onde est définie par une décroissance exponentielle dans les directions z>0z>0 et z<0z<0, et une propagation isotrope dans le plan (x,y)(x,y), avec un vecteur d’onde k⃗∥\vec k_{\parallel} de norme k∥k_{\parallel} constante.

53. Justifier que le confinement de l’onde implique k∥>ω/ck_{\parallel}>\omega/c.

54. On se place dans l’espace des k⃗\vec k défini par les axes (kx,ky,kz)(k_x,k_y,k_z). En se limitant à une projection dans le plan (kx,ky)(k_x,k_y), montrer que la région de ce plan correspondant à l’onde confinée est un cercle de rayon k∥k_{\parallel} (dénommé cercle de confinement), et que la région correspondant aux ondes se propageant librement dans le vide est un disque de rayon ω/c\omega/c (dénommé disque de propagation libre). Justifier graphiquement que l’onde confinée ne peut se propager dans l’espace libre.

55. On place sur la surface (x,y)(x,y) un réseau métallique périodique suivant la direction xx de période Λ\Lambda, identique à la structure de la figure 2. Cette structure provoque un effet de diffraction sur l’onde de surface. Montrer que ceci résulte en un déplacement du cercle de confinement dans la direction kxk_x. Exprimer, pour l’ordre de diffraction qq, ce déplacement en fonction de qq et Λ\Lambda.

56. Tracer dans le plan (kx,ky)(k_x,k_y) les cercles correspondant aux ondes diffractées et montrer qu’il est maintenant possible d’intercepter le disque de propagation libre avec un de ces cercles, moyennant une condition sur Λ\Lambda et ω\omega que l’on donnera. Justifier que cela revient à extraire dans l’espace libre la lumière initialement confinée.

57. On considère l’ordre q=1q=1 de diffraction. Pour une pulsation ω\omega donnée, quelle est la valeur à donner à Λ\Lambda pour que la direction de propagation dans la direction zz soit autorisée ? Représenter graphiquement les directions de propagation des ondes extraites de la structure par le réseau.

58. Montrer qu’un réseau à deux dimensions de période Λ\Lambda dans les directions xx et yy permet d’extraire davantage de directions de propagation initialement confinées au plan (x,y)(x,y). Illustrer graphiquement le diagramme de rayonnement d’une telle structure.

Решение

Внимание: Непълно решение

В архива няма официално решение на тази задача.


Оригинал в Архива: MP_2007.pdf