X-ENS 2010, Приемен изпит, математика и физика — Задача 4. Fluctuations d’intensité d’un laser

SESSION 2010 — Filière MP — PHYSIQUE MPI — Épreuve commune aux ENS de Paris, Lyon et Cachan

Consignes

L’usage de la calculatrice est interdit.

Le candidat est prié d’accorder un soin particulier à la clarté et à la concision de ses réponses.

Les quatre parties du problème sont indépendantes.

Si le résultat d’une question est donné, il peut être utilisé dans les questions suivantes sans démonstration.

Увод

Le but de ce problème est l’étude d’un résonateur mécanique de taille micrométrique du type de celui de la figure 1, sur lequel est déposé un empilement de couches fines qui forment un miroir de très bonne qualité optique. Un tel système possède des propriétés optiques et mécaniques qui en font un outil de choix pour étudier le couplage optomécanique entre les mouvements du résonateur et la lumière qui se réfléchit dessus.

Dans le problème, le micro-résonateur est assimilé à un oscillateur harmonique de masse mm, de fréquence de résonance f0f_0, sur lequel se réfléchit un faisceau lumineux de longueur d’onde λ\lambda. Dans les applications numériques on utilisera les valeurs suivantes des paramètres :

m=100 μgf0=1 MHzλ=630 nm\begin{aligned} m &= 100\,\mu\mathrm{g} \\ f_0 &= 1\,\mathrm{MHz} \\ \lambda &= 630\,\mathrm{nm} \end{aligned}

Dans la première partie, on étudie les mouvements du micro-résonateur engendrés par l’agitation du gaz qui l’entoure et une technique de réduction de ces mouvements. Les parties 2 et 3 présentent un montage interférométrique ainsi que le photodétecteur qu’il inclut, tous deux utilisés pour observer les déplacements du micro-résonateur. Dans la dernière partie est étudiée la possibilité d’utiliser un micro-résonateur pour réduire les fluctuations d’intensité intrinsèques que présente la lumière laser.

On donne les valeurs des constantes physiques utilisées dans le problème :

c=3,0×108 m⋅s−1c = 3{,}0 \times 10^{8}\ \mathrm{m \cdot s^{-1}} vitesse de la lumière

kB=1,4×10−23 J⋅K−1k_B = 1{,}4 \times 10^{-23}\ \mathrm{J \cdot K^{-1}} constante de Boltzmann

h=6,6×10−34 J⋅sh = 6{,}6 \times 10^{-34}\ \mathrm{J \cdot s} constante de Planck

e=1,6×10−19 Ce = 1{,}6 \times 10^{-19}\ \mathrm{C} charge élémentaire

Notations

Dans la première partie, pour toute grandeur A(t)A(t) relative à l’oscillateur harmonique, ⟨A⟩\langle A\rangle désignera la valeur moyenne temporelle de A(t)A(t), calculée sur une période d’oscillation.

Dans la partie 4, la moyenne statistique d’une variable aléatoire XX sera notée X‾\overline{X} et son écart-type σ(X)=X2‾−(X‾)2\sigma(X) = \sqrt{\overline{X^2} - \left(\overline{X}\right)^2}.

Dans les parties 3 et 4 du problème on adopte une description corpusculaire de la lumière. Un faisceau lumineux de longueur d’onde λ\lambda est alors assimilé à un courant de photons. Chaque photon du faisceau se déplace à la vitesse cc, transporte une énergie EphE_{\mathrm{ph}} et véhicule une quantité de mouvement p⃗ph\vec{p}_{\mathrm{ph}} données par

Eph=hcλ,p⃗ph=hλ u⃗,\begin{aligned} E_{\mathrm{ph}} &= \frac{hc}{\lambda}, \\ \vec{p}_{\mathrm{ph}} &= \frac{h}{\lambda}\,\vec{u}, \end{aligned}

où le vecteur unitaire u⃗\vec{u} indique la direction de propagation du photon.

Условие

Dans cette partie, on étudie les fluctuations du nombre de photons émis par un laser pendant un laps de temps déterminé et on montre qu’un dispositif mécanique pourrait être utiliser pour réduire ces fluctuations. Dans toute cette partie on adopte une description corpusculaire de la lumière.

4.1 Le laser

33. Que signifie l’acronyme “LASER” ?

34. À quand remonte la première réalisation expérimentale d’un laser ?

35. Quelles sont les caractéristiques qui distinguent la lumière laser de la lumière issue d’une ampoule ?

36. Pourquoi un laser de 10 mW10\,\mathrm{mW} est-il considéré dangereux pour l’œil alors qu’aucune précaution n’est préconisée pour l’utilisation d’une ampoule à incandescence de 100 W100\,\mathrm{W} ? La réponse devra être justifiée en invoquant quelques ordres de grandeur.

Cavité laser de longueur L entre un « Miroir arrière » et un « Miroir avant » de transmission T ; un « Milieu amplificateur » au centre ; faisceaux aller-retour dans la cavité avec la puissance intracavité P_in ; puissance P sortant par le miroir avant.
Figure 13: Schéma d’une cavité laser.

Un laser est constitué d’une cavité optique formée de deux miroirs distants d’une longueur LL, se faisant face et entre lesquels est inséré un milieu amplificateur de lumière (voir figure 13). Le miroir arrière est parfaitement réfléchissant alors que le miroir avant est légèrement transparent, de transmission en intensité TT très petite devant 1 et de coefficient de réflexion en intensité R=1−TR = 1 - T. À l’intérieur de la cavité s’établit un courant de photons se propageant uniquement selon l’axe optique et dans les deux directions. À chaque aller-retour entre les miroirs un photon donné dans la cavité a une probabilité TT de sortir par le miroir avant. Le flux de photons sortant est compensé par la création de nouveaux photons par le milieu amplificateur et on peut considérer qu’en régime permanent la puissance lumineuse intracavité PinP_{\mathrm{in}} frappant le miroir avant est constante. Dans l’énoncé, la lumière émise par le laser fait référence à la lumière transmise par le miroir avant.

37. En se rappelant qu’un photon dans la cavité laser a une probabilité TT de sortir à chaque aller-retour, donner une expression approchée du temps de vie d’un photon dans la cavité laser, c’est-à-dire le temps moyen entre sa création et le moment où il sort de la cavité par le miroir avant.

38. Pour un laser Hélium-Néon de longueur L=20 cmL = 20\,\mathrm{cm}, émettant une puissance P=10 mWP = 10\,\mathrm{mW} à la longueur d’onde λ=630 nm\lambda = 630\,\mathrm{nm} et ayant une transmission TT de 5%5\%, donner la valeur de la puissance intracavité PinP_{\mathrm{in}} et le temps de vie d’un photon dans la cavité.

4.2 Statistique des photons émis par un laser

La lumière laser présente des fluctuations d’intensité intrinsèques liées aux temps aléatoires de sortie des photons par le miroir avant. Dans cette partie, on étudie la statistique du nombre de photons émis par la cavité pendant un intervalle de temps τ\tau donné. On considère toujours le laser de la figure 13, avec un miroir avant de transmission TT. La puissance instantanée émise par le laser possède des fluctuations autour de sa valeur moyenne P‾\overline{P}. La puissance intracavité PinP_{\mathrm{in}} est supposée quant à elle sans fluctuation.

39. Exprimer le nombre NN de photons intracavité frappant le miroir avant pendant l’intervalle de temps τ\tau en fonction de P‾\overline{P}, TT, τ\tau, λ\lambda, hh et cc.

40. Pour tout entier k≤Nk \le N, exprimer la probabilité pkp_k d’avoir exactement kk photons émis par le laser pendant l’intervalle de temps τ\tau en fonction de kk, NN et TT.

On rappelle que le nombre CNkC_N^k de combinaisons de kk éléments choisis parmi NN est CNk=N!k! (N−k)!C_N^k = \dfrac{N!}{k!\,(N-k)!}.

41. Montrer que, pour un entier kk fixé, dans la limite où NN tend vers l’infini et TT tend vers 0 tout en conservant le produit NT=μNT = \mu constant, la probabilité pkp_k tend vers la distribution de Poisson

pk=μkk!e−μ.(13)p_k = \frac{\mu^k}{k!}e^{-\mu}. \qquad (13)

On pourra utiliser la formule de Stirling

n!∼(ne)n2πn(n≫1).(14)n! \sim \left(\frac{n}{e}\right)^n \sqrt{2\pi n} \qquad (n \gg 1). \qquad (14)

42. Exprimer la moyenne statistique k‾=∑k=0∞k pk\overline{k} = \displaystyle\sum_{k=0}^{\infty} k\,p_k du nombre de photons émis pendant le temps τ\tau en fonction de μ=NT\mu = NT et interpréter le résultat obtenu.

43. Exprimer l’écart-type σ(k)=k2‾−k‾2\sigma(k) = \sqrt{\overline{k^2} - \overline{k}^2} en fonction de μ\mu. En déduire l’incertitude relative σ(k) / k‾\sigma(k)\,/\,\overline{k} lors d’une mesure de la puissance d’un faisceau laser effectuée pendant un temps τ\tau.

44. Un photodétecteur mesure pendant 1 seconde la puissance d’un laser de puissance moyenne 10 mW10\,\mathrm{mW} et de longueur d’onde λ=630 nm\lambda = 630\,\mathrm{nm}. Quel est l’ordre de grandeur de l’incertitude relative sur la mesure due à la statistique poissonnienne des photons émis ? Quel serait cet ordre de grandeur si le temps de mesure était d’une nanoseconde ?

4.3 Réduction des fluctuations d’intensité

Dans cette partie, on étudie la possibilité d’utiliser un dispositif mécanique afin de réduire les fluctuations d’intensité d’un faisceau laser.

Un faisceau lumineux de puissance moyenne P‾\overline{P} et de longueur d’onde λ\lambda provenant d’un laser est envoyé sur un miroir fixé sur un ressort de raideur KK. Lorsque le ressort est au repos, le miroir se trouve à l’abscisse x=0x = 0. On suppose que les mouvements du miroir sont uniquement provoqués par la lumière qui se réfléchit sur lui. On négligera donc les fluctuations thermiques de position du miroir.

On va s’intéresser dans cette partie à des phénomènes dont les temps caractéristiques sont grands devant la période d’oscillation du miroir, si bien que l’on peut négliger l’inertie du système : le miroir et le ressort sont supposés sans masse. Cela implique que, pour satisfaire le principe fondamental de la dynamique, la somme des forces s’exerçant sur le miroir est nulle à tout instant. Enfin, on négligera l’effet Doppler.

45. En considérant la quantité de mouvement moyenne cédée par les photons au miroir pendant un temps dt\mathrm{d}t, donner l’expression du recul moyen x‾\overline{x} du miroir sous l’effet de la pression de radiation du faisceau en fonction de P‾\overline{P}, de la vitesse de la lumière cc et de la raideur KK du ressort.

Un « Laser » émet un faisceau de photons (points) découpé en paquets de longueur cτ (« Paquet n+1 », « Paquet n ») qui se réfléchit sur un miroir mobile relié à un ressort de raideur K ; flèche x(t) indiquant le déplacement du miroir.
Figure 14: Réduction des fluctuations d’intensité d’un laser par réflexion sur un miroir mobile.

Comme cela a été montré dans la partie 4.2, la lumière laser présente des fluctuations de puissance. Celles-ci vont induire par pression de radiation des fluctuations de la position du miroir. Afin d’étudier cet effet, le faisceau est découpé en paquets de longueur c τc\,\tau numérotés par un indice nn (voir figure 14). Le paquet nn possède un nombre knk_n de photon et k‾=P‾τλ/hc\overline{k} = \overline{P}\tau\lambda/hc est la moyenne de la distribution des knk_n. On suppose qu’au sein d’un paquet, les photons sont répartis uniformément le long de l’axe du faisceau.

46. Exprimer la densité linéique dnd_n de photons dans le paquet nn en fonction de knk_n, avant réflexion sur le miroir.

Le premier photon du paquet nn frappe le miroir à l’instant tnt_n. À cet instant, le miroir se trouve à l’abscisse xn=x(tn)x_n = x(t_n).

47. Exprimer l’intervalle de temps tn+1−tnt_{n+1} - t_n pendant lequel le paquet nn interagit avec le miroir en fonction de cc, τ\tau, xnx_n et xn+1x_{n+1}.

48. Après réflexion sur le miroir, calculer la longueur du paquet nn et en déduire que la nouvelle densité linéique dn′d_n' de photons dans ce paquet s’écrit

dn′=kncτ+2(xn+1−xn).(15)d_n' = \frac{k_n}{c\tau + 2(x_{n+1} - x_n)}. \qquad (15)

49. Expliquer qualitativement pourquoi si le paquet nn possède une densité dnd_n avant réflexion plus forte que la moyenne (respectivement plus faible), alors la densité dn′d_n' après réflexion sera diminuée (respectivement augmentée) par rapport à dnd_n et donc que les déplacements du miroir lissent les fluctuations de puissance du faisceau réfléchi par ce miroir.

Le but des questions suivantes est d’évaluer quantitativement cet effet en montrant que σ(dn′)<σ(dn)\sigma(d_n') \lt \sigma(d_n).

On s’intéresse au paquet nn de photons qui possède un nombre aléatoire knk_n de photons et on supposera que le paquet précédent possédait exactement k‾\overline{k} photons et a laissé le miroir à la position xn=x‾x_n = \overline{x}.

50. Calculer la quantité de mouvement cédée par les photons du paquet nn au miroir entre les instants tnt_n et tn+1t_{n+1} et en déduire la force de pression de radiation notée FnF_n exercée par le paquet nn sur le miroir entre les instants tnt_n et tn+1t_{n+1}. On exprimera le résultat en fonction de x‾\overline{x}, xn+1x_{n+1}, knk_n, hh, cc, τ\tau et λ\lambda.

On supposera que c’est cette force FnF_n qui s’exerce sur le miroir à l’instant tn+1t_{n+1}.

51. En utilisant les hypothèses sur l’inertie du système et l’expression de FnF_n, montrer que xn+1x_{n+1} vérifie l’équation du second degré

xn+12−xn+1(x‾−c τ)−2h cλ Kkn=0.(16)x_{n+1}^2 - x_{n+1}(\overline{x} - c\,\tau) - 2\frac{h\,c}{\lambda\,K}k_n = 0. \qquad (16)

52. En utilisant k‾=P‾τλ/hc\overline{k} = \overline{P}\tau\lambda/hc et l’expression de x‾\overline{x} trouvée à la question 45, réécrire l’équation précédente en fonction uniquement de xn+1x_{n+1}, x‾\overline{x}, c τc\,\tau, knk_n et k‾\overline{k}.

53. En supposant que les mouvements du miroir sont petits devant la longueur d’un paquet de photons (pour tout nn, xn≪c τx_n \ll c\,\tau et donc également x‾≪c τ\overline{x} \ll c\,\tau), montrer que

xn+1=x‾ knk‾.(17)x_{n+1} = \overline{x}\,\frac{k_n}{\overline{k}}. \qquad (17)

54. Montrer que

dn′=dn11+A dn−d‾d‾,(18)d_n' = d_n\frac{1}{1 + A\,\dfrac{d_n - \overline{d}}{\overline{d}}}, \qquad (18)

où d‾=k‾/(c τ)\overline{d} = \overline{k}/(c\,\tau) est la densité linéique moyenne de photons dans le faisceau avant réflexion et AA une constante que l’on exprimera en fonction de x‾\overline{x}, cc et τ\tau.

Etant donné qu’il n’y a pas de perte de photon lors de la réflexion, la puissance moyenne du faisceau après réflexion sur le miroir est égale à la puissance moyenne avant réflexion.

55. Expliquer alors pourquoi la valeur moyenne de dn′d_n' vaut également d‾\overline{d}.

56. En remarquant que AA et (dn−d‾)/d‾(d_n - \overline{d})/\overline{d} sont chacun des infiniment petits d’ordre respectivement x‾/(c τ)\overline{x}/(c\,\tau) et 1/k‾1/\sqrt{\overline{k}}, montrer que

σ(dn′)=(1−A)σ(dn).(19)\sigma(d_n') = (1 - A)\sigma(d_n). \qquad (19)

Lors d’une réflexion sur le miroir, on s’attend donc à un effet très faible de réduction des fluctuations d’intensité du faisceau. Les équipes de recherche qui tentent actuellement d’observer cet effet utilisent une cavité optique de type Fabry-Perot afin de multiplier les réflexions du faisceau sur le miroir et ainsi amplifier l’effet de réduction. Les expériences actuelles sont cependant encore limitées par les mouvements thermiques du micro-résonateur.

Решение

Внимание: Непълно решение

Le corrigé officiel est absent de l’archive.


Оригинал в Архива: MP_2010.pdf