X-ENS 2018, Приемен изпит · Улм, физика и химия — Задача 3. 3 Limites quantiques à la sensibilité des détecteurs

ÉCOLE NORMALE SUPÉRIEURE — CONCOURS D’ADMISSION 2018 — FILIÈRE PC — COMPOSITION DE PHYSIQUE – C – (U) — Détection interférométrique d’ondes gravitationnelles

Внимание: Бележка към темата

Le dossier d’archive ne fournit pas de corrigé complet ni de barème détaillé. Le rapport du jury de Physique C est conservé intégralement et identifié comme commentaire, avec ses indications partielles et ses exemples explicitement présentés comme erreurs de candidats. Aucun résultat manquant n’a été inventé. La notation des matrices et des vecteurs ainsi que les valeurs numériques imprimées sont conservées.

Consignes de l’épreuve

L’usage de calculatrices électroniques de poche à alimentation autonome, non imprimantes et sans document d’accompagnement, est autorisé. Cependant, une seule calculatrice à la fois est admise sur la table ou le poste de travail, et aucun échange n’est autorisé entre les candidats.

Le sujet comprend 14 pages numérotées de 1 à 14.

Lorsque des applications numériques sont demandées, il convient de donner un résultat numérique avec trois chiffres significatifs.

Détection interférométrique d’ondes gravitationnelles — Introduction commune

L’existence d’ondes gravitationnelles a été prédite par la théorie de la relativité générale, formulée par Einstein au début du XXᵉ siècle. Ces oscillations de l’espace-temps ont été directement observées pour la première fois le 14 septembre 2015 par la collaboration scientifique LIGO, “Laser Interferometer Gravitational-Wave Observatory”. Au-delà d’un test positif de la théorie de la relativité générale, leur détection a marqué le début d’une nouvelle ère en astronomie, nous permettant d’observer l’Univers à l’aide de rayonnements physiquement différents des rayonnements électromagnétiques (lumière visible, ultraviolette ou infrarouge, rayons X ou gamma, radiofréquences) ou des rayons cosmiques (noyaux atomiques et particules de haute énergie).

Ce sujet présente quelques propriétés des ondes gravitationnelles et des instruments qui ont permis de les détecter. Il est constitué de trois parties indépendantes. La première partie s’intéresse à la physique des ondes gravitationnelles et aux effets observables qu’elles produisent sur Terre. La deuxième partie consiste en une modélisation simplifiée des interféromètres optiques qui ont permis de détecter les premières ondes gravitationnelles. La troisième partie permet de déterminer une limite à la sensibilité de ces détecteurs liée aux fluctuations du nombre de photons qui y circulent.

Table des matières originale
Partie nativePage imprimée
1 Quelques propriétés des ondes gravitationnelles3
1.1 Déformations de l’espace-temps3
1.2 Sources d’ondes gravitationnelles4
1.3 Rayonnement gravitationnel d’un système binaire5
1.4 GW1509146
2 Détection interférométrique d’ondes gravitationnelles7
2.1 Miroirs suspendus7
2.2 Résonateurs optiques8
2.3 Interféromètre de Michelson10
3 Limites quantiques à la sensibilité des détecteurs11
3.1 Bruit de grenaille11
3.2 Fluctuations de la pression de radiation13
3.3 Limite quantique standard13
Constantes et formules utiles
ConstanteSymboleValeurUnité
Vitesse de la lumièrecc3,00×1083{,}00\times10^8m.s−1\mathrm m.\mathrm s^{-1}
Constante universelle de la gravitationGG6,67×10−116{,}67\times10^{-11}m3.kg−1.s−2\mathrm m^3.\mathrm{kg}^{-1}.\mathrm s^{-2}
Masse du SoleilM⊙M_\odot1,99×10301{,}99\times10^{30}kg\mathrm{kg}
MegaparsecMpc\mathrm{Mpc}3,09×10223{,}09\times10^{22}m\mathrm m
Accélération de la pesanteur terrestregg9,819{,}81m.s−2\mathrm m.\mathrm s^{-2}
Constante de Planckh=2πℏh=2\pi\hbar6,63×10−346{,}63\times10^{-34}m2.kg.s−1\mathrm m^2.\mathrm{kg}.\mathrm s^{-1}
Constante de BoltzmannkBk_B1,38×10−231{,}38\times10^{-23}m2.kg.s−2.K−1\mathrm m^2.\mathrm{kg}.\mathrm s^{-2}.\mathrm K^{-1}
Périmètre terrestreLtL_t40 00040\,000km\mathrm{km}
cos⁡2(x)−sin⁡2(x)=cos⁡(2x)\cos^2(x)-\sin^2(x)=\cos(2x)
2cos⁡(x)sin⁡(x)=sin⁡(2x)2\cos(x)\sin(x)=\sin(2x)
(1+x)α=1+αx+α(α−1)2x2+O(x3)(1+x)^\alpha=1+\alpha x+\frac{\alpha(\alpha-1)}{2}x^2+O(x^3)

La valeur moyenne d’une variable aléatoire XX est notée ⟨X⟩\langle X\rangle.

Le produit scalaire de deux vecteurs u⃗\vec u et v⃗\vec v est noté u⃗.v⃗\vec u.\vec v.

Условие

Les détecteurs d’ondes gravitationnelles requièrent une technologie de pointe dans tous les domaines de l’ingénierie. Les vibrations mécaniques, les fluctuations de pression de l’air, les bruits thermiques dans les miroirs et les fils de suspension, etc, pourraient aisément masquer les faibles signaux des ondes gravitationnelles.

Dans cette partie nous allons voir que l’une des limites à la sensibilité de LIGO provient de la nature quantique de la lumière. La statistique des photons émis par un laser en régime “normal” de fonctionnement est décrite par une distribution de probabilités Poissonienne. Pour un faisceau avec un flux moyen de photons Φ\Phi, la probabilité de détecter mm photons pendant un intervalle de temps tt vaut alors

Q(m,t)=e−Φt(Φt)mm!(28)Q(m,t)=e^{-\Phi t}\frac{(\Phi t)^m}{m!}\qquad(28)

3.1 Bruit de grenaille

Q46 Relier le flux de photons moyen Φ\Phi à la puissance moyenne P\mathcal P du faisceau et à sa longueur d’onde λ\lambda. Vérifier que l’équation 28 donne bien ⟨m⟩=Φt\langle m\rangle=\Phi t pour la valeur moyenne ⟨m⟩\langle m\rangle du nombre de photons détectés pendant un temps tt, et que l’écart-type Δm=⟨m2⟩−⟨m⟩2\Delta m=\sqrt{\langle m^2\rangle-\langle m\rangle^2} de ce nombre de photons vérifie Δm=⟨m⟩=Φt\Delta m=\sqrt{\langle m\rangle}=\sqrt{\Phi t}.

Q47 Ce faisceau est envoyé sur un miroir partiellement réfléchissant sans pertes avec un coefficient de transmission TT en intensité : TT est donc la probabilité pour qu’un photon donné soit transmis à travers le miroir. Déterminer les flux moyens de photons ΦT\Phi_T et ΦR\Phi_R dans les faisceaux transmis et réfléchi. Pour exactement k+lk+l photons incidents, quelle est la probabilité pour que kk photons soient transmis et ll photons soient réfléchis ? Ce nombre de photons incidents étant en réalité décrit par la statistique Poissonienne définie par l’équation 28, calculer la probabilité P(k,l,t)P(k,l,t) de trouver kk photons dans le faisceau transmis et ll photons dans le faisceau réfléchi pendant un temps tt, et montrer que les faisceaux transmis et réfléchi sont décrits par des distributions de probabilité Poissonniennes décorrélées.

Q48 Vérifier que si ⟨m⟩≫1\langle m\rangle\gg1 alors Δm≪⟨m⟩\Delta m\ll\langle m\rangle. Montrer qu’à l’ordre 1 en Δm/⟨m⟩\Delta m/\langle m\rangle

⟨m⟩=⟨m⟩,(29)\langle\sqrt m\rangle=\sqrt{\langle m\rangle},\qquad(29)
Δm=⟨(m)2⟩−⟨m⟩2=12.(30)\Delta\sqrt m=\sqrt{\langle(\sqrt m)^2\rangle-\langle\sqrt m\rangle^2}=\frac12.\qquad(30)

Pour y parvenir on pensera à développer la fonction m=⟨m⟩+(m−⟨m⟩)\sqrt m=\sqrt{\langle m\rangle+(m-\langle m\rangle)} au voisinage de ⟨m⟩\langle m\rangle.

Pour comprendre le rôle des fluctuations du nombre de photons, le détecteur d’ondes gravitationnelles sera modélisé ici de manière plus élémentaire que dans la partie 2. Nous considérerons qu’il s’agit d’un simple interféromètre de Michelson, dont la séparatrice semi-réfléchissante est placée à l’origine des coordonnées OxyOxy et orientée à 45° par rapport à la direction de propagation OxOx d’un faisceau laser incident sur cette lame. Les bras de l’interféromètre, orientés suivant les axes OxOx et OyOy, ont des longueurs respectives

Lx=L0(1+hG/2)+λθ/(4π),(31)L_x=L_0(1+h_G/2)+\lambda\theta/(4\pi),\qquad(31)
Ly=L0(1−hG/2)−λθ/(4π)(32)L_y=L_0(1-h_G/2)-\lambda\theta/(4\pi)\qquad(32)

où L0L_0 est la longueur au repos, hGh_G est le signal de l’onde gravitationnelle que l’on cherche à détecter et dont la signification est discutée dans la partie 1, et θ∈]−π,π]\theta\in]{-\pi},\pi] est une phase contrôlée par l’expérimentateur.

Aux extrémités des bras de l’interféromètre sont placés des miroirs parfaits dont les coefficients de réflexion en amplitude valent −1-1. Nous nous placerons dans la limite quasi-statique, ce qui signifie que nous supposerons hGh_G constant aux échelles de temps considérées dans cette partie.

La puissance du laser est notée P0\mathcal P_0, sa longueur d’onde est λ\lambda. Comme dans la partie précédente, on traitera les faisceaux comme des ondes planes scalaires se propageant dans le vide. Ces ondes seront exprimées en notation complexe sous la forme

E(r⃗,t)=Ee−i(ωt−k⃗.r⃗)(33)\mathcal E(\vec r,t)=Ee^{-\mathrm i(\omega t-\vec k.\vec r)}\qquad(33)

où, dans l’hypothèse quasi-statique, l’amplitude complexe EE est constante, la pulsation ω\omega est celle du laser, et le vecteur d’onde k⃗\vec k est parallèle à OxOx ou OyOy. Après la lame séparatrice, les champs Eix\mathcal E_{ix} et Eiy\mathcal E_{iy} entrant dans les bras de l’interféromètre sont reliés au champ E0\mathcal E_0 produit par le laser via

Eix(0⃗,t)=Eiy(0⃗,t)=E0(0⃗,t)2,(34)\mathcal E_{ix}(\vec0,t)=\mathcal E_{iy}(\vec0,t)=\frac{\mathcal E_0(\vec0,t)}{\sqrt2},\qquad(34)

tandis que le champ envoyé vers le détecteur optique est lié aux faisceaux revenant depuis les bras de l’interféromètre via

ED(0⃗,t)=Eoy(0⃗,t)−Eox(0⃗,t)2.(35)\mathcal E_D(\vec0,t)=\frac{\mathcal E_{oy}(\vec0,t)-\mathcal E_{ox}(\vec0,t)}{\sqrt2}.\qquad(35)

Q49 Déterminer l’expression du champ ED(0⃗,t)\mathcal E_D(\vec0,t) en fonction du champ E0(0⃗,t)\mathcal E_0(\vec0,t) produit par le laser, de la phase θ\theta, du signal gravitationnel hGh_G, de la longueur L0L_0 des bras de l’interféromètre et de la norme kk du vecteur d’onde que l’on reliera à la longueur d’onde λ\lambda. Relier la puissance PD\mathcal P_D envoyée vers le détecteur optique à la puissance P0\mathcal P_0 du laser.

La nature quantique de la lumière rend le signal mesuré par le détecteur optique discret, proportionnel au nombre de photons mDm_D détectés pendant le temps d’échantillonnage tt choisi. Ce nombre obéit à une statistique Poissonienne, ses fluctuations vont donc induire du bruit sur l’estimation de l’onde gravitationnelle hGh_G, appelé “bruit de grenaille”.

Q50 Exprimer le flux de photons moyen ΦD\Phi_D envoyé vers le détecteur optique en fonction du flux de photons moyen Φ0\Phi_0 produit par le laser et des paramètres de la question précédente. Déterminer le nombre moyen ⟨mD⟩\langle m_D\rangle de photons détectés pendant un temps tt et son écart-type ΔmD=⟨mD2⟩−⟨mD⟩2\Delta m_D=\sqrt{\langle m_D^2\rangle-\langle m_D\rangle^2}.

Q51 Déterminer la sensibilité ∣∂⟨mD⟩/∂hG∣|\partial\langle m_D\rangle/\partial h_G| de ce détecteur d’ondes gravitationnelles (c’est-à-dire la variation du signal sortant ⟨mD⟩\langle m_D\rangle par rapport au signal entrant hGh_G), en fonction des mêmes paramètres. Dans la limite hG→0h_G\to0, pour quelle valeur θ1\theta_1 de θ\theta cette sensibilité est-elle maximale ? Que vaut alors ⟨mD⟩\langle m_D\rangle ?

Q52 Calculer la fonction

1ΔmD∣∂⟨mD⟩∂hG∣\frac1{\Delta m_D}\left|\frac{\partial\langle m_D\rangle}{\partial h_G}\right|

et trouver la valeur θ2\theta_2 de θ\theta qui la maximise dans la limite hG→0h_G\to0. Pourquoi le réglage optimal de l’interféromètre correspond-il à θ=θ2\theta=\theta_2 plutôt qu’à θ=θ1\theta=\theta_1 ?

On fixe un temps d’échantillonnage tt et on effectue des mesures répétées du nombre mDm_D pour en déduire hGh_G. Puisque mDm_D fluctue, l’estimation de hGh_G à chaque mesure fluctue également. La relation reliant mDm_D et hGh_G est la même que celle qui relie ⟨mD⟩\langle m_D\rangle et hGh_G calculée dans la question 50.

Dans la suite on suppose que l’on règle l’interféromètre sur θ=0\theta=0, que mD≫1m_D\gg1 et que le signal gravitationnel vérifie 0<hGL0/λ≪10<h_GL_0/\lambda\ll1.

Q53 Développer la relation calculée dans la question 50 à l’ordre le plus bas non nul en hGh_G et l’inverser pour exprimer hGh_G en fonction de mDm_D, puis déterminer l’écart-type ΔhG(D)\Delta h_G^{(D)} de hGh_G dû au bruit de grenaille.

3.2 Fluctuations de la pression de radiation

Nous venons de montrer que le bruit de grenaille des photons sur le détecteur optique conduit à une incertitude ΔhG(D)\Delta h_G^{(D)} sur la mesure de l’amplitude hGh_G de l’onde gravitationnelle effectuée entre les instants t0t_0 et t0+tt_0+t. Cependant, le bruit Poissonnien des photons produit un autre effet physique sur les miroirs de l’interféromètre, conduisant à une incertitude supplémentaire sur la mesure de hGh_G. Nous allons pour cela regarder ce qui s’est passé avant la mesure, entre les instants t0−tt_0-t et t0t_0, et considérer les nombres de photons mxm_x et mym_y rétroréfléchis entre ces deux instants par les miroirs mobiles MFx et MFy terminant les bras de l’interféromètre.

Q54 Que valent les moyennes ⟨mx⟩\langle m_x\rangle et ⟨my⟩\langle m_y\rangle et les écarts-types Δmx\Delta m_x et Δmy\Delta m_y de mxm_x et mym_y ? Compte tenu des hypothèses de notre modèle (notamment de la question 47), les fluctuations statistiques de mxm_x et mym_y sont-elles corrélées ?

Q55 Que vaut la quantité de mouvement d’un photon de vecteur d’onde k⃗\vec k ? Lorsque ce photon est rétroréfléchi sur un miroir, quelle quantité de mouvement lui transfère-t-il ? Que vaut la force moyenne FF exercée par la lumière sur chacun des miroirs ?

Cette pression de radiation moyenne, connue, est compensée par un système de contrôle externe. En revanche les fluctuations de cette pression de radiation, dues à celles du nombre de photons, créent des déplacements aléatoires des miroirs. On pourra considérer dans la suite que toutes les forces autres que les fluctuations de la pression de radiation se compensent.

Q56 Déterminer les écarts-types des quantités de mouvement transférées à chacun des miroirs entre les instants t0−tt_0-t et t0t_0. En faisant intervenir la masse MM de chaque miroir, en déduire les écarts-types de leurs vitesses, puis les écarts-types ΔLx\Delta L_x et ΔLy\Delta L_y des longueurs LxL_x et LyL_y mesurées un temps tt plus tard, entre t0t_0 et t0+tt_0+t.

Q57 Déterminer l’écart-type Δ(Ly−Lx)\Delta(L_y-L_x) induit sur la différence de marche Ly−LxL_y-L_x entre les deux bras de l’interféromètre. En déduire l’écart-type ΔhG(P)\Delta h_G^{(P)} sur la mesure de l’amplitude des ondes gravitationnelles hGh_G dû aux fluctuations de la pression de radiation.

3.3 Limite quantique standard

Dans la mesure où les fluctuations du nombre de photons à différents instants ne sont pas corrélées, l’incertitude totale sur la mesure de hGh_G due au bruit de grenaille et aux fluctuations de la pression de radiation vaut

ΔhG=(ΔhG(D))2+(ΔhG(P))2(36)\Delta h_G=\sqrt{\left(\Delta h_G^{(D)}\right)^2+\left(\Delta h_G^{(P)}\right)^2}\qquad(36)

Pour les applications numériques de cette partie, on prendra λ=1064 nm\lambda=1064\,\mathrm{nm} pour la longueur d’onde du laser et M=40 kgM=40\,\mathrm{kg} pour la masse de chaque miroir. La longueur réelle des bras de l’interféromètre LIGO vaut L0=4000 mL_0=4000\,\mathrm m, et la puissance du laser valait P0=20 W\mathcal P_0=20\,\mathrm W lors de la détection du premier signal gravitationnel. Cependant, la configuration optique de LIGO est plus complexe que le simple interféromètre de Michelson considéré ici, et des systèmes optiques supplémentaires partiellement décrits dans la partie 2 de ce problème ont permis d’obtenir des valeurs effectives L0′=1000 kmL'_0=1000\,\mathrm{km} et P0′=100 kW\mathcal P'_0=100\,\mathrm{kW}.

Q58 Déterminer l’incertitude totale ΔhG\Delta h_G en fonction de la puissance du laser P0\mathcal P_0, de sa longueur d’onde λ\lambda, de la longueur L0L_0 des résonateurs optiques, de la masse MM des miroirs, du temps d’échantillonnage tt, de la vitesse de la lumière cc et de la constante de Planck réduite ℏ\hbar.

Q59 Quel temps d’échantillonnage maximal peut-on utiliser pour mesurer un signal oscillant à une fréquence allant jusqu’à 250 Hz ? Évaluer ΔhG\Delta h_G numériquement dans ce cas, pour les valeurs réelles L0L_0 et P0\mathcal P_0 : le bruit est-il inférieur au signal hG≈10−21h_G\approx10^{-21} ? Qu’en est-il du bruit calculé avec les valeurs effectives L0′L'_0 et P0′\mathcal P'_0 ?

Q60 Montrer que ΔhG\Delta h_G admet un minimum en fonction de la puissance P0\mathcal P_0 du laser. Donner l’expression de ΔhG\Delta h_G à ce minimum et vérifier qu’elle ne dépend pas des paramètres du laser. Que vaut cette limite pour t=1 mst=1\,\mathrm{ms}, en prenant la valeur effective L0′L'_0 pour la longueur de l’interféromètre ? La puissance laser effective P0′\mathcal P'_0 est-elle suffisante pour l’atteindre ?

Cette incertitude minimale est la limite quantique standard pour ce type de mesure. Ce n’est pas une limite fondamentale : elle dépend de la configuration optique de l’interféromètre, mais aussi des états quantiques des faisceaux qui y circulent. Les nouvelles générations de détecteurs d’ondes gravitationnelles utiliseront des interféromètres avec des géométries différentes et des états non-classiques de la lumière avec des fluctuations quantiques réduites par rapport à celles d’un faisceau laser.

Решение

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Rapport du jury PC 2018 — Épreuve Physique C

Membres du jury : M. Berhanu, A. Bres, F. Levrier

1 Éléments statistiques

– 401 copies rendues

– Note minimale : 2,5

– Note maximale : 20

– Moyenne : 9,41

– Écart-type : 3,78

Les 50 meilleures copies (typiquement celles des candidats admissibles à Ulm) vont de 13,9 à 20, pour une moyenne de 16,37 et un écart-type de 1,89.

2 Généralités

Le sujet de cette session portait sur la physique des ondes gravitationnelles.

La première partie questionnait d’abord leur influence sur la matière (dilatation et contraction des longueurs). Considérant une distribution quelconque de masse, et usant d’une analogie électromagnétique, on arrivait à la formule du quadrupôle d’Einstein. On se focalisait ensuite sur un système binaire (analogue aux mesures faites par VIRGO) pour déterminer les caractéristiques du signal émis, avant de finalement revenir aux données réelles du système GW150914.

La seconde partie s’intéressait à la détection des ondes gravitationnelles par des dispositifs interférentiels. On commençait par s’interroger sur le filtrage mécanique du bruit auquel sont soumis les miroirs. Une étude simplifiée du résonateur optique (de type Fabry-Pérot) était ensuite proposée, permettant d’établir les ordres de grandeurs de la puissance récoltée ainsi que la forme des signaux de sortie. Enfin, un retour à l’interféromètre de Michelson permettait de traiter la question de la sensibilité du dispositif, et de son lien avec sa longueur et la qualité des miroirs.

Enfin, la dernière partie se penchait sur le problème du bruit de mesure. L’étude du bruit de grenaille, lié à la statistique Poissonienne de la distribution de photons, était d’abord menée. On présentait ensuite le bruit lié à la pression de radiation. Enfin, les deux effets étaient combinés afin d’encadrer la sensibilité du détecteur.

Cette année, le jury a été particulièrement peiné de constater le peu d’intérêt qu’accordaient les candidats à l’homogénéité de leurs résultats. Ainsi, il n’a pas été rare de croiser des 1/R2≪11/R^2\ll1, des vg=vϕ=cv_g=\sqrt{v_\phi}=c, ou même un ω5/3≪c\omega^{5/3}\ll c. Ces erreurs sont systématiquement pénalisées.

À l’inverse, le jury se félicite d’avoir trouvé dans les meilleures copies une bonne maîtrise du cours de base, des expressions homogènes et pertinentes, et un sens physique certain. Le recul sur les notions acquises en classes préparatoires est indispensable pour aborder cette épreuve qui, bien qu’originale dans son contenu, n’exige rien qu’un élève ne sache après deux ans en CPGE.

Il est attendu d’élèves présentant les concours des grandes écoles (et pas que ceux des Écoles Normales Supérieures) d’être au fait des règles fondamentales de présentation. Les copies raturées, recorrigées plusieurs fois, sans espace entre les questions, sans mise en avant des résultats, où les raisonnements doivent être suivis à l’aide de flèches (!), toutes ces raisons, ensemble ou individuellement, sont autant de motifs de ne pas accorder de points. Une copie n’est pas un brouillon de réflexion mais un moyen de communication avec le correcteur.

3 Remarques particulières

Q1 : Alors que le formulaire donnait le périmètre terrestre (40 000 km), une fraction non-négligeable des candidats n’a apparemment pas remarqué qu’un trajet de 10 000 km amenait nécessairement le voyageur du pôle Nord à l’Équateur.

Q3 : Le jury a apprécié la grande quantité d’exemples d’ondes transverses fournis par les candidats, prouvant une culture physique riche. Cependant, il souhaiterait préciser que les exemples suivants n’en sont pas : les ondes sonores, les ondes de marées, les ondes sismiques (en général).

Q4 : Il n’est pas acceptable à ce niveau de faire un développement limité sur une quantité matricielle, du moins pas sans justification. Les démonstrations acceptées sont celles qui passent aux coefficients pour faire le développement, avant de revenir à la notation matricielle à la fin.

Q5 : Le sujet imposant la notation hxxh_{xx}, hyyh_{yy}, ... toute réponse impliquant h\mathbf h (seul) a été systématiquement refusée. Un candidat doit être à même de distinguer dans sa copie les quantités scalaires, vectorielles et matricielles.

Q6 : Trop souvent pour cette question, les candidats se sont lancés dans des démonstrations à rallonge pour arriver à la conclusion (triviale ?) qu’une onde obéissant à l’équation de D’Alembert devait avoir vϕ=vg=cv_\phi=v_g=c. Les candidats arrivés rapidement à cette conclusion sont peu nombreux.

Q7 : Lorsque le sujet demande «À quelle grandeur physique Q\mathbf Q est-il homogène », la mention de grandeur physique est essentielle. À ce titre, répondre [Q]=ML2[Q]=ML^2 est non-pertinent, quand le terme de moment d’inertie était attendu.

Q8 : Cette question, certes calculatoire, a été très peu traitée correctement. Le jury s’étonne que des élèves de CPGE ne soient pas capables de mener correctement un développement limité à l’ordre 2. Dans trop de cas, les candidats se sont arrêtés un ordre trop tôt, ou n’ont pas suffisamment développé leur réponse.

Q11 : Certains candidats ont pensé berner le jury en calculant a posteriori la bonne dimension de ϵ0\epsilon_0 qui leur permettrait d’obtenir une puissance. Malheureusement pour eux, le jury n’est pas dupe, et les points n’ont pas été accordés. De manière générale, les candidats gagneraient à être plus honnêtes dans leurs copies, et devraient prendre conscience que le jury, plus expérimenté, détecte presque toujours les tentatives malhonnêtes. Celles-ci ne le mettent par ailleurs pas dans de bonnes dispositions pour le reste de la correction.

Q13 : Le jury souhaite rappeler que l’hypothèse de système isolé conduit directement au fait que le barycentre du système est en translation rectiligne uniforme (ou immobile, naturellement). Énoncer que cette hypothèse veut dire que chacune des masses possède une accélération nulle est une erreur de mécanique élémentaire. Par ailleurs, la masse totale est conservée car chaque masse est constante comme l’annonce le sujet, pas parce que le système est isolé.

Q16 : Si le jury est souvent bienveillant sur la question des facteurs numériques (quand ceux-ci sont proches de l’unité), il a été particulièrement vigilant à ceux-ci dans cette question. La distance entre les deux masses était de 2r2r, il fallait bien entendu le prendre en compte. Tout résultat non-homogène (bien trop fréquent) a été sanctionné.

Q17 : Savoir que l’énergie potentielle de gravitation est négative (lorsque son origine est prise nulle à l’infini, ce qui était précisé par le sujet) paraît faire partie des connaissances de base en mécanique du point. Malheureusement, une partie significative des candidats semblait l’ignorer.

Q22 : L’étude du rayonnement dipolaire ayant disparu des programmes, démontrer que la taille typique de la distribution est faible devant la longueur d’onde n’est pas véritablement du cours. Cependant, montrer que le rapport de ces deux quantités se ramène à celui de la vitesse typique de la distribution sur la vitesse de la lumière demandait une ligne de calcul. Toute démonstration passant ce point et ne parvenant à démontrer ce qui était demandé qu’au prix d’une application numérique (souvent fausse, dimensionnellement et numériquement) a été ignorée.

Q23 : Lorsqu’une quantité, ici hh, est proportionnelle à r2Ω2r^2\Omega^2, et si rr dépend de Ω\Omega, il est rigoureusement faux de prétendre que h croit avec Ω\Omega. Peu de candidats se sont inquiétés du comportement de r(Ω)r(\Omega) avant de répondre à cette question. En utilisant la question 16, on savait que r∝Ω−2/3r\propto\Omega^{-2/3}, et par conséquent h∝Ω2/3∝ν2/3h\propto\Omega^{2/3}\propto\nu^{2/3}.

Q24 : La valeur typique de hh (≈10−21)(\approx10^{-21}) étant donnée quelques lignes plus loin (début de la partie 2), il convenait de s’interroger sur des résultats fantaisistes. Le jury a ainsi pu se voir proposer une grande quantité d’exposants, allant de -90 à +60. Un tel manque de clairvoyance est préjudiciable.

Q26 : Environ un quart des candidats seulement parvient à trouver l’équation du pendule simple forcé. Que ce pourcentage soit si faible est inquiétant pour des élèves de Mathématiques Spéciales composant pour le concours des Écoles Normales Supérieures.

Q27 : Les candidats ayant abordé cette question ont trop souvent pensé qu’il suffisait de se placer dans le référentiel du point d’attache, non-galiléen, et de considérer que la force supplémentaire était la pseudo-force d’inertie d’entraînement. Ce faisant, il fallait cependant transformer xx en x−xfx-x_f (repère relatif), et le terme d’accélération venait annuler cette pseudo-force, le nouveau terme venant de la projection du poids qui se traduisait finalement par une force supplémentaire Mgxf/lMgx_f/l. Un autre choix consistait à rester dans le référentiel du laboratoire, galiléen, où l’accélération s’écrivait toujours x¨\ddot x, mais l’angle était devenu x−xfl\frac{x-x_f}{l}, et donnait le même résultat.

Q29 : Trop peu de candidats ont reconnu ici la condition dictant que l’onde étudiée était en fait monochromatique.

Q31 : Les bilans fantaisistes d’énergie électromagnétique ont systématiquement été dépréciés. Les candidats ont souvent essayé dans cette question de plaquer un raisonnement de cours (où 3 ondes sont présentes) sur le cas d’étude (où 4 ondes sont présentes).

Q32 : Les justifications pour cette question sont souvent fantaisistes. Le facteur -1 n’est certainement pas dû au fait que « l’onde se propage vers les x décroissants ». Le facteur de phase est souvent très mal justifié, de même que le signe de son argument. Une rigueur minimale et l’application des notions de bases sur les ondes progressives auraient pourtant dû permettre aux candidats de donner une démonstration propre de cette formule.

Q46 : Le verbe « Vérifier » devait inciter les candidats à présenter une démonstration mathématique de la valeur de la moyenne et de l’écart-type d’une distribution Poissonienne. Une partie des candidats se sont fendu d’un simple « On sait que ... » et n’ont par conséquent pas reçu de points sur cette question.

Q47 : Cette question est l’occasion de rappeler que toute notation supplémentaire doit être définie par le candidat dans sa copie. Ainsi, la réponse ΦR=RΦ0\Phi_R=R\Phi_0 n’a été acceptée que lorsque le candidat expliquait que R=1−TR=1-T.

Q55 : On peut regretter que sur cette question classique de cinétique des gaz, les candidats qui l’ont abordée aient parfois oublié le facteur 2 dans l’expression du transfert de quantité de mouvement.

Теми и трудност

Трудност: неоценена.

Съвременна физика · Оптика · Фотони и фотоефект · Квантови модели · Интерференция на светлината

Предпоставки: Начална университетска подготовка


Оригинал в Архива: PC_2018_ulm.pdf · допълнителни данни: PC_2018_ulm_rapport.pdf