X-ENS 2025, Приемен изпит, математика и физика — Задача 2. Instabilité d’ondulation d’une couche de cristal liquide

ÉCOLE POLYTECHNIQUE — CONCOURS D’ADMISSION 2025 — FILIÈRE MP – Épreuve n°4 — PHYSIQUE ET SCIENCES DE L’INGÉNIEUR (X) · 15 април 2025 г.

Page de garde

ÉCOLE POLYTECHNIQUE

CONCOURS D’ADMISSION 2025

MARDI 15 AVRIL 2025 — 14h00 – 18h00

FILIÈRE MP – Épreuve n°4

PHYSIQUE ET SCIENCES DE L’INGÉNIEUR (X)

Durée : 4 heures

L’utilisation de calculatrices n’est pas autorisée pour cette épreuve.

Cette composition ne concerne qu’une partie des candidats de la filière MP. Les autres candidats effectuent parallèlement la composition d’informatique A.

Pour la filière MP, il y a donc deux enveloppes de sujets, pour cette séance.

Consignes

Cette épreuve comprend deux parties indépendantes. La première partie, dédiée aux sciences de l’ingénieur, propose une étude d’un exosquelette actif. La seconde, consacrée à la physique, s’intéresse à l’analyse de deux instabilités mécaniques présentant des similarités.

➞ Il est conseillé de ne pas consacrer plus de deux heures par partie.

➞ Les applications numériques seront effectuées avec la précision qu’un calcul à la main permet aisément, et sans excéder deux chiffres significatifs. Les ordres de grandeur seront donnés avec un seul chiffre significatif.

➞ Les réponses aux questions relevant de considérations qualitatives devront être systématiquement argumentées.

➞ Les références des questions abordées devront être indiquées de façon claire.

Условие

Partie Physique

Cette étude comporte deux parties indépendantes. La première est consacrée à l’analyse du comportement mécanique d’une structure élancée1^{1} soumise à une compression axiale. La seconde s’intéresse à décrire le comportement d’un film de cristal liquide dont l’épaisseur subit une extension. Dans chacune de ces situations il apparaît que la géométrie de la déformation du système se trouve radicalement modifiée lorsque la sollicitation qui lui est imposée franchit un certain seuil. On parle alors d’instabilité.

1^{1} C’est-à-dire une structure de longueur suffisamment grande, comparée à sa longueur caractéristique transverse la plus petite, pour être susceptible de fléchir.

1 Étude du comportement mécanique d’une structure élancée soumise à une compression.

• Nous considérons une structure mécanique modèle formée de quatre ressorts identiques (1), (2), (3) et (4), d’axes parallèles, chacun de raideur KK et de longueur sans charge L0L_0. Leurs extrémités inférieures sont fixées aux angles d’une plaque carrée de coté 2a2a, supposée indéformable. Leurs extrémités supérieures sont fixées, de la même manière, à une autre plaque, identique à la première. Cette structure, dans sa situation non déformée, que nous adoptons comme référence et qui définit l’origine des énergies, est représentée sur la figure (1).

• Un opérateur extérieur impose un déplacement strictement vertical du centre B de la plaque supérieure par rapport à celui de la plaque inférieure (que nous supposons fixe). Ce déplacement amène le point B au point B′ tel que BB′→=−Δ e⃗x\overrightarrow{\mathrm{BB'}} = -\Delta\,\vec{e}_x où Δ≥0\Delta \geq 0.

En réponse à cette sollicitation, la structure peut simplement se comprimer, en conservant sa géométrie initiale, ou bien fléchir. Ces deux situations sont illustrées sur la figure (2), respectivement en (b) et (c). La situation (a) est celle de référence pour laquelle la structure n’est pas déformée. Les flèches pointant les centres des plaques inférieure et supérieure représentent les éléments extérieurs agissant sur la structure et permettant d’imposer le déplacement Δ\Delta. Celui du bas est fixe et celui du haut est guidé en translation selon l’axe (Oxx) (la liaison entre ces éléments et les plaques serait, en pratique, réalisée par une liaison rotule).

• Nous nous proposons de déterminer la configuration adoptée par la structure en réponse à un déplacement Δ\Delta imposé. L’action de la pesanteur n’est pas prise en compte dans cette étude.

À gauche, vue de face : deux ressorts verticaux (2),(3) et (1),(4) de longueur L0 entre la plaque inférieure A2–A1 (centre A, origine O) et la plaque supérieure B2–B1 (centre B), écartement 2a, axes x vers le haut, y vers la gauche, z sortant ; étiquettes « Plaque supérieure », « Ressort de raideur K », « Plaque inférieure ». À droite, « Vue de dessus » : carré gris de côté 2a centré en O avec les ressorts (1) à (4) aux coins, axes y et z.
Figure 1 – Structure mécanique modèle (dans sa situation non déformée de référence) formée de quatre ressorts identiques (1), (2), (3) et (4) de raideur KK, de longueur sans charge L0L_0 et d’axe (Oxx). Leurs extrémités sont fixées aux angles de deux plaques rigides carrées de côté 2a2a.
Trois schémas : (a) structure de référence de hauteur L0, points B2, B, B1, P, A2, O, A, A1, largeur 2a ; (b) structure comprimée de Δ, plaque supérieure en B′2, B′, B′1, milieu P′ ; (c) structure fléchie en arcs de cercle de centre Q et de rayon R = QP″, ouverture angulaire θ, points B″2, B″=B′, B″1, P″, A″1, A″2.
Figure 2 – Déformation de la structure, en compression (situation (b)) ou en flexion (situation (c)), en réponse à un déplacement imposé BB′→=−Δ e⃗x\overrightarrow{\mathrm{BB'}} = -\Delta\,\vec{e}_x (Δ≥0\Delta \geq 0) du centre B de la plaque supérieure (celui de la plaque inférieure (A) est supposé rester fixe). Bien qu’étant représentée en projection dans le plan (O,x,y)(\mathrm{O},x,y), on gardera à l’esprit que la structure étudiée est tridimensionnelle.

1. Exprimer, en fonction de KK et Δ\Delta, l’énergie potentielle élastique ECE_{\mathrm{C}} emmagasinée par la structure dans la situation de compression (b).

• Dans la situation (c), nous considérons, d’une part que les arcs (A1′′B1′′)(\mathrm{A}_1''\mathrm{B}_1''), (AB′′)(\mathrm{AB}'') et (A2′′B2′′)(\mathrm{A}_2''\mathrm{B}_2'') sont des arcs de cercle, d’autre part que l’arc (AB′′)(\mathrm{AB}'') conserve sa longueur initiale L0L_0. Nous notons R=∥QP′′→∥R = \|\overrightarrow{\mathrm{QP''}}\| et θ\theta (θ≥0\theta \geq 0) l’ouverture angulaire (QB′′→,QA→)(\overrightarrow{\mathrm{QB''}},\overrightarrow{\mathrm{QA}}). Tous les résultats seront établis sous les deux hypothèses Δ≪L0≪R\Delta \ll L_0 \ll R.

2. Exprimer θ\theta et le rapport R/L0R/L_0 en fonction du rapport ε=Δ/L0\varepsilon = \Delta/L_0.

3. Déduire de ces résultats la condition, portant sur ε\varepsilon, assurant que les deux hypothèses Δ≪L0≪R\Delta \ll L_0 \ll R se trouvent simultanément vérifiées.

4. Exprimer, en fonction de KK, L0L_0, aa et Δ\Delta, l’énergie potentielle élastique EFE_{\mathrm{F}} emmagasinée par la structure dans la situation de flexion (c).

5. Représenter, dans un système d’axes commun, l’allure graphique de la dépendance de chacune des énergies ECE_{\mathrm{C}} et EFE_{\mathrm{F}} vis-à-vis de ε\varepsilon. Commenter brièvement ces tracés.

6. Nous notons NN le module de la force que l’opérateur extérieur doit fournir pour imposer le déplacement Δ\Delta souhaité. Sur la base des tracés effectués en réponse à la question (5), établir l’expression, en fonction de KK, L0L_0 et aa, du module de la force-seuil NsN_{\mathrm{s}} au-delà duquel la structure fléchit.

Nous notons Δs\Delta_{\mathrm{s}} le déplacement correspondant à la force-seuil NsN_{\mathrm{s}} et εs=Δs/L0\varepsilon_{\mathrm{s}} = \Delta_{\mathrm{s}}/L_0.

7. Représenter l’allure graphique de la dépendance de NN vis-à-vis de ε\varepsilon. On précisera la valeur prise par NN pour ε>εs\varepsilon > \varepsilon_{\mathrm{s}}, dans le cadre du modèle de flexion adopté. Commenter brièvement ce résultat.

8. Traduire, sur le rapport a/L0a/L_0, la condition de respect des hypothèses Δ≪L0≪R\Delta \ll L_0 \ll R établie en réponse à la question (3). Commenter ce résultat.

9. Application : La raideur kk (axiale) d’une tige homogène rectiligne, de section uniforme SS et de longueur ℓ\ell, est reliée au module d’élasticité longitudinale (ou module de Young) YY du matériau la constituant selon la relation suivante :

k=YSℓ(1)k = \frac{YS}{\ell} \qquad (1)

Nous considérons une barre homogène de section carrée d’aire 2b×2b2b \times 2b, de longueur L0L_0 et de module d’élasticité longitudinale YY. Établir une expression de l’effort-seuil NsN_{\mathrm{s}} en fonction de YY, L0L_0 et bb. On présentera les choix faits pour adapter la structure modèle que nous avons étudiée aux caractéristiques de la barre.

Calculer la valeur de NsN_{\mathrm{s}} pour les données suivantes : Y=200Y = 200 GPa (acier) ; L0=1L_0 = 1 m ; 2b=12b = 1 cm.

10. Nous avons implicitement supposé que la flexion, lorsqu’elle apparaît, se produit dans le plan (O,x,y)(\mathrm{O},x,y) (se reporter à la figure (2)-(c)). Elle pourrait se produire, a priori, dans tout plan (O,x,u)(\mathrm{O},x,u) tel que e⃗u=cos⁡ϕ e⃗y+sin⁡ϕ e⃗z\vec{e}_u = \cos\phi\,\vec{e}_y + \sin\phi\,\vec{e}_z (ϕ∈[−π/2,π/2]\phi \in [-\pi/2,\pi/2]).

Exprimer NsN_{\mathrm{s}} pour ϕ=π/4\phi = \pi/4. Peut-on alors prévoir dans quel plan, ϕ=0\phi = 0 ou ϕ=π/4\phi = \pi/4 (en ne considérant que ces deux situations), la flexion de la structure modèle étudiée se produit ?

2 Étude du comportement mécanique d’un cristal liquide en phase smectique A.

• Les molécules formant le cristal liquide auquel nous nous intéressons se présentent comme des bâtonnets caractérisés par leur diamètre DD (D∼0,5D \sim 0{,}5 nm), leur longueur a0a_0 (a0∼5a_0 \sim 5 nm) et la direction n⃗\vec{n} de leur axe. En phase2^{2} smectique A, ce cristal liquide s’organise selon une stratification en couches. Une couche est formée de bâtonnets parallèles entre eux3^{3} et dont la direction n⃗\vec{n} est normale au plan de la couche considérée (localement). Son épaisseur est égale à la longueur a0a_0 des bâtonnets. La figure (3)-(a) représente cette structure stratifiée dans son état de référence pour lequel les couches ne sont pas déformées. On associe à cet état l’origine des énergies.

Les propriétés des interactions inter-moléculaires sont telles que les couches peuvent glisser les unes sur les autres (comportement fluide). Par ailleurs, un ensemble de bâtonnets, dans une couche, manifeste un comportement élastique. L’action de la pesanteur n’est pas prise en compte dans cette étude.

• Nous choisissons un repère cartésien R(O,x,y,z)\mathcal{R}(\mathrm{O},x,y,z) tel que le plan (O,x,y)(\mathrm{O},x,y) est parallèle au plan des couches dans l’état de référence (état sans déformation). Nous envisageons des situations telles que le déplacement des molécules s’effectue essentiellement selon l’axe (Ozz). Nous décrivons alors l’état de déformation du cristal liquide par le champ de déplacement de ses couches (que nous appellerons indifféremment champ de déformation). En supposant que ce dernier ne dépend pas de la coordonnée xx, et en adoptant une description continue du milieu (hypothèse notée Hu\mathcal{H}_u), il prend la forme suivante :

u⃗(M)=MM′→=u(y,z) e⃗z(2)\vec{u}(\mathrm{M}) = \overrightarrow{\mathrm{MM'}} = u(y,z)\,\vec{e}_z \qquad (2)

M=M(x,y,z)\mathrm{M} = \mathrm{M}(x,y,z) représente un point d’une couche dans l’état de référence (état sans déformation). Le point M′ est son image, dans un état de déformation. Le vecteur unitaire n⃗(M)\vec{n}(\mathrm{M}), orienté par l’angle θ\theta relativement à l’axe (Ozz), définit la direction locale des bâtonnets situés dans le voisinage d’un point M d’une couche. Ce vecteur n⃗(M)\vec{n}(\mathrm{M}) est donc localement normal à la couche considérée. La figure (3)-(b) précise ce paramétrage.

• Nous adoptons, comme élément de volume du cristal liquide, un domaine cubique D\mathcal{D} de côté a0a_0 (dans l’état de référence). Nous le modélisons, vis-à-vis de son comportement élastique, comme un cube dont les arêtes sont des ressorts de raideur KK et de longueur sans charge a0a_0. L’élasticité d’un tel domaine est ainsi supposée localisée au niveau de ses arêtes. Ce modèle est représenté sur la figure (4).

Il s’agira d’étudier la réponse à diverses sollicitations d’une structure élastique présentant (dans la situation non déformée de référence) la géométrie d’un cube dont les arêtes sont des ressorts de raideur KK et de longueur sans charge a0a_0. La figure (5) représente cette structure en perspective, dans son état de référence.

2^{2} Cette phase existe sur un certain intervalle de température.

3^{3} Nous faisons abstraction des fluctuations thermiques.

(a) Axes y et z (x sortant), couches horizontales délimitées par des traits mixtes et étiquetées « Couche », épaisseur a0, bâtonnets verticaux dessinés dans une couche, vecteur n(M) au point M. (b) Couche déformée : le point M est déplacé en M′ par le vecteur u(M) le long de z ; vecteur n(M′) incliné d’un angle θ par rapport à la verticale.
Figure 3 – (a) Organisation en couches d’un cristal liquide en phase smectique A et disposition des molécules bâtonnets dans une couche (représentation dans l’état de référence pour lequel les couches ne sont pas déformées). (b) Caractérisation de la déformation locale d’une couche par le vecteur déplacement u⃗\vec{u} et le vecteur n⃗\vec{n} indiquant l’orientation (locale) des bâtonnets.
À gauche : domaine D de côté a0 découpé dans une couche de bâtonnets, sommets A, B, C, D, axes y, z (x sortant). Flèche « Modèle élastique ». À droite : carré ABCD dont chaque côté est un ressort étiqueté (K,a0).
Figure 4 – Domaine élémentaire cubique D(a0,a0,a0)\mathcal{D}(a_0,a_0,a_0) de cristal liquide, dans une couche, modélisé par un cube de côté a0a_0 dont les arêtes sont des ressorts de raideur KK et de longueur sans charge a0a_0.
Cube gris en perspective de sommets visibles A, B, C, D, étiqueté D au centre, dans le repère Oxyz ; une arête désignée par (K,a0).
Figure 5 – Structure élastique cubique représentant le domaine élémentaire de cristal liquide choisi (dans son état de référence, c’est-à-dire sans déformation).

2.1 Densité volumique d’énergie élastique.

Il s’agit d’exprimer l’énergie élastique emmagasinée par unité de volume du cristal liquide, associée au champ de déplacement uu.

À gauche : carré ABCD de ressorts (K,a0) avec les milieux g et f des côtés verticaux, axes y et z. Flèche « Déformation en flexion ». À droite : domaine fléchi A′B′C′D′ aux côtés supérieur et inférieur en arcs de cercle centrés en Q, arc g′f′, ouverture angulaire δθ, vecteur n(f′).
Figure 6 – Déformation du domaine élémentaire D\mathcal{D} dans le cas d’une couche seulement fléchie.

11. Indiquer à quelles conditions, portant sur la fonction u=u(y,z)u = u(y,z) (voire également certaines de ses dérivées) et le paramètre a0a_0, l’hypothèse Hu\mathcal{H}_u est justifiée, c’est-à-dire que le cristal liquide peut être considéré comme un milieu continu, vis-à-vis du champ de déplacement.

❐ Tous les résultats seront établis dans le cadre de l’hypothèse Hu\mathcal{H}_u.

❐ Par ailleurs, dans toute la sous-section (2.1), nous nous placerons dans l’approximation linéaire. En particulier, nous supposerons que ∣∂u/∂y∣≪1|\partial u/\partial y| \ll 1 et ∣∂u/∂z∣≪1|\partial u/\partial z| \ll 1.

12. Nous nous plaçons dans une situation telle que la fonction u=u(y,z)u = u(y,z) ne dépend pas de yy (état de simple extension – ou compression). Établir que l’énergie eEe_{\mathrm{E}} alors emmagasinée, par unité de volume du cristal liquide, prend la forme suivante :

eE=12B(∂u∂z)2(3)e_{\mathrm{E}} = \frac{1}{2}B\left(\frac{\partial u}{\partial z}\right)^2 \qquad (3)

On exprimera la constante BB en fonction de KK et a0a_0.

13. Justifier que la constante BB ne dépend pas de la taille choisie du domaine élémentaire cubique.

• Nous considérons maintenant une situation telle que les couches sont seulement fléchies, comme la figure (6) le représente. Nous supposons que l’arc (g′f′), et les côtés (A′B′) et (D′C′), conversent leur longueur initiale a0a_0. Les arcs (D′A′) et (C′B′) sont assimilés à des arcs de cercle. Le point Q est le centre de courbure de ces arcs et de l’arc (g′f′). L’angle δθ\delta\theta est l’ouverture angulaire entre les vecteurs C′D′→\overrightarrow{\mathrm{C'D'}} et B′A′→\overrightarrow{\mathrm{B'A'}}. Le vecteur unitaire n⃗(f′)\vec{n}(\mathrm{f'}) indique l’orientation locale des bâtonnets situés dans le voisinage du point f′.

14. Établir que l’énergie eF,ye_{\mathrm{F},y} emmagasinée par unité de volume du cristal liquide, dans cette situation de flexion, prend la forme suivante :

eF,y=12F(∂2u∂y2)2(4)e_{\mathrm{F},y} = \frac{1}{2}F\left(\frac{\partial^2 u}{\partial y^2}\right)^2 \qquad (4)

Exprimer la constante FF en fonction de la raideur KK et de la longueur a0a_0.

Nous posons F=λ2BF = \lambda^2 B. Exprimer4^{4} le rapport λ/a0\lambda/a_0.

❐ Pour ce calcul, nous supposerons que la fonction ∂u/∂y\partial u/\partial y vérifie l’hypothèse Hu\mathcal{H}_u. Par ailleurs, nous rappelons que ∣∂u/∂y∣≪1|\partial u/\partial y| \ll 1 (question (11)).

4^{4} La valeur réelle prise par ce rapport diffère un peu de celle issue de ce modèle simple.

15. Cette densité volumique d’énergie de flexion peut également s’écrire sous la forme suivante (toujours dans le cadre des hypothèses adoptées) :

eF,y=12F(∂ny∂y)2ouˋny=n⃗⋅e⃗y(5)e_{\mathrm{F},y} = \frac{1}{2}F\left(\frac{\partial n_y}{\partial y}\right)^2 \qquad \text{où} \quad n_y = \vec{n}\cdot\vec{e}_y \qquad (5)

Cette écriture suggère qu’il faut considérer, parallèlement, la densité volumique d’énergie de flexion suivante :

eF,z=12F(∂ny∂z)2(6)e_{\mathrm{F},z} = \frac{1}{2}F\left(\frac{\partial n_y}{\partial z}\right)^2 \qquad (6)

Décrire, à l’appui d’un dessin, le type de déformation associé à cette énergie.

• En conclusion, dans le cadre des hypothèses adoptées jusqu’ici, l’énergie élastique totale ee emmagasinée, par unité de volume du cristal liquide soumis au champ de déplacement uu, prend la forme suivante :

e=eE+eF,y+eF,z=12B((∂u∂z)2⏟(1)+λ2[(∂2u∂y2)2+(∂2u∂y ∂z)2]⏟(2))(7)e = e_{\mathrm{E}} + e_{\mathrm{F},y} + e_{\mathrm{F},z} = \frac{1}{2}B\left(\underbrace{\left(\frac{\partial u}{\partial z}\right)^2}_{(1)} + \lambda^2\underbrace{\left[\left(\frac{\partial^2 u}{\partial y^2}\right)^2 + \left(\frac{\partial^2 u}{\partial y\,\partial z}\right)^2\right]}_{(2)}\right) \qquad (7)

2.2 Ondulation des couches induite par une extension de l’épaisseur d’un film.

• Un film de cristal liquide en phase smectique A est déposé entre deux surfaces rigides, planes et parallèles. Ce film est constitué d’un grand nombre de couches (se reporter au texte introductif de la section (2)). Dans la situation de référence, les couches ne sont pas déformées et sont parallèles aux surfaces. Depuis cette situation, on augmente légèrement (mais brutalement) la distance séparant les surfaces et l’on observe l’état de déformation des couches immédiatement après cette opération5^{5}.

• Nous notons d0d_0 (d0∼0,1 mm≫a0d_0 \sim 0{,}1\ \mathrm{mm} \gg a_0)6^{6} la distance séparant les surfaces dans la situation de référence, et d=d0+δd = d_0 + \delta (0≤δ≪d00 \leq \delta \ll d_0) celle correspondant à un déplacement δ\delta de la surface supérieure (la surface inférieure est supposée fixe). Nous considérons que le film reste toujours en contact avec les surfaces et, par ailleurs, que le nombre de couches le formant demeure constant. Comparativement à d0d_0, le film apparaît comme étant infini selon les directions (Oxx) et (Oyy). Cette situation est illustrée sur la figure (7)-(a).

• La figure (7)-(b) fait apparaître l’épaisseur apparente M′N′ d’une couche et son épaisseur réelle aa, correspondant à la déformation locale, depuis l’état de référence, (M,N)→(M′,N′)(\mathrm{M},\mathrm{N}) \to (\mathrm{M'},\mathrm{N'}).

5^{5} On observerait, ensuite, une phase de relaxation des contraintes faisant apparaître des défauts topologiques tendant à augmenter, de façon désordonnée, le nombre de couches.

6^{6} Au-delà d’une épaisseur de 0,1 mm (∼104\sim 10^4 couches !), il devient très délicat de former un film sans défaut.

(a) « Film de cristal liquide (multicouche) » entre deux surfaces horizontales ; distance d0 initiale, d après déplacement δ de la surface supérieure ; axes y, z, x sortant. (b) « Couche non déformée » d’épaisseur a0 entre M et N ; « Couche déformée » inclinée d’épaisseur réelle a, points M′ et N′ déplacés de u(M) et u(N), vecteur n(N′) incliné d’un angle θ.
Figure 7 – (a) Film de cristal liquide en phase smectique A placé entre deux surfaces planes et parallèles, situées à la distance dd (d≫a0d \gg a_0) l’une de l’autre. (b) Épaisseur apparente M′N′ d’une couche et épaisseur réelle aa, correspondant à la déformation locale, depuis l’état de référence, (M,N)→(M′,N′)(\mathrm{M},\mathrm{N}) \to (\mathrm{M'},\mathrm{N'}).

16. Nous souhaitons prendre en compte, dans l’expression de eEe_{\mathrm{E}}, l’effet d’une éventuelle inclinaison (locale) des couches. Dans cette situation, l’épaisseur réelle aa d’une couche n’est plus assimilable à son épaisseur apparente M′N′. Établir que le terme (1) de l’équation (7) doit alors être remplacé par le terme (1′) suivant, à l’ordre correctif le plus bas :

(1′)=(∂u∂z−12(∂u∂y)2)2(8)(1') = \left(\frac{\partial u}{\partial z} - \frac{1}{2}\left(\frac{\partial u}{\partial y}\right)^2\right)^2 \qquad (8)

❐ Pour l’étude qui va suivre, nous admettons que c’est la seule correction déterminante à prendre en compte. En conséquence, le terme (2) de l’équation (7) n’est pas modifié. Par ailleurs, l’énergie volumique ee désignera maintenant celle corrigée de l’effet d’inclinaison des couches.

• Nous cherchons à approcher la forme du champ de déformation u=u(y,z)u = u(y,z) en superposant, au champ linéaire u0(z)=αzu_0(z) = \alpha z où α=δ/d0\alpha = \delta/d_0 (extension relative), un développement perturbatif que nous limitons à un unique terme. Nous écrivons alors le champ uu sous la forme suivante :

u(y,z)=αz+Ansin⁡(knz+ϕn)cos⁡(qy)(9)u(y,z) = \alpha z + A_n\sin(k_n z + \phi_n)\cos(qy) \qquad (9)
ouˋ  0≤α≪1 ; z∈[0,d0] ; An∈R+ ; n∈N⋆ ; kn∈R+⋆ ; ϕn∈R et q∈R+⋆(10)\text{où}\ \ 0 \leq \alpha \ll 1\ ;\ z \in [0,d_0]\ ;\ A_n \in \mathbb{R}_+\ ;\ n \in \mathbb{N}^{\star}\ ;\ k_n \in \mathbb{R}_+^{\star}\ ;\ \phi_n \in \mathbb{R}\ \text{et}\ q \in \mathbb{R}_+^{\star} \qquad (10)

Il s’agit de déterminer à quelle condition l’écartement des surfaces (par conséquent, l’augmentation de l’épaisseur du film) fait effectivement apparaître une ondulation des couches formant le film. Dans ce cas, le champ de déformation est tel que An≠0A_n \neq 0.

17. Dans le cas où An≠0A_n \neq 0, déterminer la valeur de ϕn\phi_n et caractériser l’ensemble des nombres d’onde knk_n possibles.

❐ Dès à présent, nous choisissons le nombre d’onde ayant la plus petite valeur. Nous notons kk (sans indice) ce nombre d’onde et AA (sans indice) l’amplitude qui lui est associée.

Dans ces conditions, représenter la forme prise par quelques couches réparties sur l’intervalle [0,d][0,d].

• Pour le champ de déformation uu adopté, l’énergie volumique moyenne (spatialement) ⟨e⟩\langle e\rangle d’un domaine de film parallélépipédique de longueurs LxL_x (arbitraire), Ly=2π/qL_y = 2\pi/q et Lz=d0L_z = d_0, prend la forme suivante :

⟨e⟩=12B(α2+A24S(α,k,q)+A44W(q))(11)\langle e\rangle = \frac{1}{2}B\left(\alpha^2 + \frac{A^2}{4}S(\alpha,k,q) + \frac{A^4}{4}W(q)\right) \qquad (11)
ouˋS(α,k,q)=k2−αq2+λ2q2(k2+q2)etW(q)=(38)2q4(12)\text{où}\quad S(\alpha,k,q) = k^2 - \alpha q^2 + \lambda^2 q^2\left(k^2+q^2\right) \quad \text{et} \quad W(q) = \left(\frac{3}{8}\right)^2 q^4 \qquad (12)

Rappelons que qq représente le nombre d’onde du champ de déplacement relatif à la direction (Oyy) et kk celui relatif à la direction (Ozz) (se reporter à l’équation (9)).

18. Représenter l’allure graphique de la dépendance de l’énergie moyenne ⟨e⟩\langle e\rangle vis-à-vis de l’amplitude AA, dans le cas où S>0S > 0 puis dans celui où S<0S < 0. On utilisera un système d’axes commun.

19. À la lumière de ces tracés, définir le critère qui détermine l’existence d’une ondulation des couches. Établir alors l’expression, en fonction de λ\lambda et kk, du seuil d’extension relative αs\alpha_{\mathrm{s}} au-delà duquel une ondulation des couches apparaît. En déduire l’expression, en fonction de λ\lambda et kk, du nombre d’onde qsq_{\mathrm{s}} sélectionné lorsque α\alpha tend vers αs\alpha_{\mathrm{s}}, par valeur supérieure (α→αs+\alpha \to \alpha_{\mathrm{s}}^+). En se reportant à la caractérisation de kk établie en réponse à la question (17), exprimer finalement qs2q_{\mathrm{s}}^2 en fonction de λ\lambda et d0d_0.

20. Pour d0∼0,1d_0 \sim 0{,}1 mm et λ∼a0∼5\lambda \sim a_0 \sim 5 nm, nous obtenons les valeurs suivantes :

k∼3×104 m−1k \sim 3\times 10^4\ \mathrm{m}^{-1} ; αs∼3×10−4\alpha_{\mathrm{s}} \sim 3\times 10^{-4} ; qs∼2×106 m−1q_{\mathrm{s}} \sim 2\times 10^6\ \mathrm{m}^{-1}.

Vérifier que ces résultats justifient les hypothèses adoptées, en particulier l’hypothèse Hu\mathcal{H}_u (se reporter à la question (11)).

21. Nous posons ε=α−αs\varepsilon = \alpha - \alpha_{\mathrm{s}} tel que 0≤ε/αs≪10 \leq \varepsilon/\alpha_{\mathrm{s}} \ll 1. En présentant le raisonnement conduit, exprimer l’amplitude AA de l’ondulation des couches en fonction de l’écart au seuil ε\varepsilon et du nombre d’onde au seuil qsq_{\mathrm{s}}.

22. La figure (8) présente la dépendance de qs2q_{\mathrm{s}}^2 vis-à-vis de 1/d01/d_0, obtenue expérimentalement (cristal liquide cyanobenzilidène octyloxyaniline, ou CBOOA, à T=78 ∘CT = 78\,{}^{\circ}\mathrm{C}). Vérifier que ces données confirment l’un des résultats obtenus en réponse à la question (19). En extraire une estimation du paramètre λ\lambda. La situer par rapport à celle prédite par le modèle que nous avons adopté (se reporter à la question (14)).

Nuage de points expérimentaux : q_s² (10⁹ cm⁻²) de 0 à 2 en ordonnée, 1/d0 (cm⁻¹) de 0 à 160 en abscisse ; huit points à peu près alignés, d’environ (12 ; 0,18) à (144 ; 2,04).
Figure 8 – Dépendance de qs2q_{\mathrm{s}}^2 vis-à-vis de 1/d01/d_0 obtenue expérimentalement (cristal liquide CBOOA, T=78 ∘CT = 78\,{}^{\circ}\mathrm{C}). Source : Physics Letters, Volume 44A, number 2 - 21 May 1973, p.139-140 – Buckling instability of the layers in a smectic-A liquid cristal – M. Delaye, R. Ribotta, G. Durand.

Решение

Внимание: Непълно решение

L’archive ne contient pas de corrigé officiel pour cette épreuve.


Оригинал в Архива: MP_2025.pdf