X-ENS 2008, Приемен изпит, математика и физика — Задача 1. Généralités sur les plasmas rencontrés en astrophysique

SESSION 2008 — Filière MP — PHYSIQUE MPI — Épreuve commune aux ENS de Paris, Lyon et Cachan — Le vent solaire

Consignes

L’usage de calculatrices électroniques de poche à alimentation autonome, non imprimantes et sans document d’accompagnement, est autorisé. Cependant, une seule calculatrice à la fois est autorisée sur la table ou le poste de travail, et aucun échange n’est autorisé entre les candidats.

Les parties 1 et 2 sont assez largement indépendantes l’une de l’autre.

Le candidat est prié d’accorder un soin particulier à la clarté et à la concision de ses réponses ainsi qu’aux applications numériques demandées.

Le vent solaire

Le vent solaire est l’extension aux grandes distances de l’atmosphère solaire (appelée la couronne solaire, voir Fig. 1). C’est un flux de plasma (particules ionisées) issu d’une région de la couronne solaire appelée l’exobase, et qui s’étend dans tout le système solaire. Ce plasma est globalement neutre, complètement ionisé et constitué d’électrons et d’ions H+\mathrm{H}^+ (on utilisera le terme de proton pour désigner l’ion H+\mathrm{H}^+ dans tout le problème). Le tableau 1 récapitule les caractéristiques principales de ce vent solaire au niveau de la Terre.

Le but de cette étude est de comprendre l’origine physique du vent solaire et d’estimer sa vitesse asymptotique.

valeurunité
Densité particulaire moyenne7,1×1067{,}1 \times 10^{6}m−3^{-3}
Vitesse du vent solaire lent (vSNv_{\mathrm{SN}})400km.s−1^{-1}
Vitesse du vent solaire rapide750km.s−1^{-1}
Température1,3×1051{,}3 \times 10^{5}K
Champ magnétique7,0nT

Tab. 1: Caractéristiques du vent solaire à une unité astronomique (1 UA).

Constantes physiques
notationgrandeurvaleurunité
eecharge élémentaire1,6×10−191{,}6 \times 10^{-19}C
mem_emasse de l’électron9,1×10−319{,}1 \times 10^{-31}kg
mpm_pmasse du proton1,6×10−271{,}6 \times 10^{-27}kg
kBk_{\mathrm{B}}constante de Boltzmann1,4×10−231{,}4 \times 10^{-23}J.K−1^{-1}
ε0\varepsilon_0permittivité diélectrique du vide8,8×10−128{,}8 \times 10^{-12}F.m−1^{-1}
μ0\mu_0perméabilité magnétique du vide4π×10−74\pi \times 10^{-7}H.m−1^{-1}
UAunité astronomique (distance Terre-Soleil)1,5×10111{,}5 \times 10^{11}m
Gconstante de gravitation6,7×10−116{,}7 \times 10^{-11}kg−1^{-1}.m3^{3}.s−2^{-2}
M⊙\mathrm{M}_\odotmasse du Soleil2,0×10302{,}0 \times 10^{30}kg
R⊙\mathrm{R}_\odotrayon du Soleil7,0×1087{,}0 \times 10^{8}m
Ω⊙\Omega_\odotpulsation de rotation du Soleil2,9×10−62{,}9 \times 10^{-6}rad.s−1^{-1}
Notations
grandeurunité
nen_edensité d’électronsm−3^{-3}
npn_pdensité de protonsm−3^{-3}
TtempératureK
Formulaire

On rappelle quelques expressions d’analyse vectorielle en coordonnées sphériques :

div (A→)=1r2∂∂r(r2Ar)+1rsin⁡θ∂∂θ(sin⁡θ Aθ)+1rsin⁡θ∂Aφ∂φ,\mathrm{div}\,(\overrightarrow{\mathrm{A}}) = \frac{1}{r^2}\frac{\partial}{\partial r}\left(r^2 \mathrm{A}_r\right) + \frac{1}{r\sin\theta}\frac{\partial}{\partial\theta}\left(\sin\theta\,\mathrm{A}_\theta\right) + \frac{1}{r\sin\theta}\frac{\partial \mathrm{A}_\varphi}{\partial\varphi} ,
Δf(r)=1rd2dr2(rf(r)).\Delta f(r) = \frac{1}{r}\frac{\mathrm{d}^2}{\mathrm{d}r^2}\left(rf(r)\right) .

On donne la valeur de l’intégrale suivante (a>0a > 0) :

∫−∞∞e−ax2 dx=πa.\int_{-\infty}^{\infty} e^{-ax^2}\,\mathrm{d}x = \sqrt{\frac{\pi}{a}} .
Corrigé de l’épreuve de physique MPI 2008

Le lecteur intéressé pourra consulter cette bibliographie introductive sur laquelle le sujet s’est en partie appuyé :

  • « How does the solar wind blow ? a simple kinetic model », Nicole Meyer-Vernet, Eur. J. Phys. 20, 167 (1999)
  • « Basics of the solar wind », Nicole Meyer-Vernet (Cambridge University Press, 2007)
  • « Physics of space plasmas : an introduction », George K. Parks (Boulder, 2004)
  • « Physics of the space environment », Tamas I. Gombosi (Cambridge University Press, 1998)

Условие

Un plasma est un ensemble de charges positives et négatives libres en interaction coulombienne. On ne considère que les plasmas complètement ionisés et globalement neutres.

1.1 Plasma cinétique ou plasma collisionnel

1. Donner un ordre de grandeur de l’énergie cinétique moyenne ⟨Ec⟩\langle \mathrm{E}_c\rangle d’un électron en fonction de la température T.

2. Estimer la distance moyenne entre deux électrons en fonction de la densité nen_e.

3. En déduire un ordre de grandeur de l’énergie potentielle d’une paire d’électrons ⟨Ep⟩\langle \mathrm{E}_p\rangle en fonction de ee, nen_e et ε0\varepsilon_0.

4. On définit le rapport Γ=⟨Ep⟩⟨Ec⟩\Gamma = \dfrac{\langle \mathrm{E}_p\rangle}{\langle \mathrm{E}_c\rangle}. Donner son expression et calculer son ordre de grandeur pour le vent solaire (voir Tab. 1) et les différents plasmas du tableau 2. Le régime Γ≪1\Gamma \ll 1 correspond au plasma dit cinétique et Γ≫1\Gamma \gg 1 au plasma dit collisionnel. Justifier succinctement ces dénominations.

Plasmanen_e (m−3^{-3})T (K)
Couronne solaire101510^{15}10610^{6}
Ionosphère terrestre101210^{12}10310^{3}
Métal solide typique102910^{29}10210^{2}
Intérieur stellaire103310^{33}10710^{7}

Tab. 2: Caractéristiques de quelques plasmas.

1.2 Écrantage électrique dans la couronne solaire — 1.2.1 Situation d’équilibre

On considère un proton au repos dans le plasma et on cherche le potentiel qui règne au voisinage de ce proton. On admet qu’à l’équilibre thermodynamique, les distributions d’équilibre des électrons et des protons autour de ce proton sont données par :

ne(r)=n0exp⁡(eV(r)kBT),(1)n_e(r) = n_0 \exp\left(\frac{e\mathrm{V}(r)}{k_{\mathrm{B}}\mathrm{T}}\right) , \qquad (1)
np(r)=n0exp⁡(−eV(r)kBT),(2)n_p(r) = n_0 \exp\left(\frac{-e\mathrm{V}(r)}{k_{\mathrm{B}}\mathrm{T}}\right) , \qquad (2)

où V(r)\mathrm{V}(r) est le potentiel électrique régnant à la distance rr du proton de référence et n0n_0 une constante.

5. Commenter brièvement l’origine des relations ci-dessus.

6. Déterminer une équation différentielle impliquant le potentiel électrique V(r)\mathrm{V}(r).

7. On se place dans la limite Γ≪1\Gamma \ll 1 (plasma cinétique). Montrer que le potentiel prend alors la forme suivante :

V(r)=e4πε0r exp⁡(−rλD).(3)\mathrm{V}(r) = \frac{e}{4\pi\varepsilon_0 r}\,\exp\left(-\frac{r}{\lambda_{\mathrm{D}}}\right) . \qquad (3)

Donner l’expression de λD\lambda_{\mathrm{D}}, appelée longueur de Debye.

8. Tracer la courbe V(r)\mathrm{V}(r) et la comparer à celle du potentiel créé par une charge ponctuelle. À quelle échelle spatiale peut-on considérer que le plasma est neutre ? Quel est le phénomène ainsi mis en évidence ?

9. Calculer la longueur de Debye pour le vent solaire. Quelle en est la conséquence directe pour les satellites ?

1.2.2 Ondes acoustiques dans un plasma cinétique

On considère toujours le cas d’un plasma cinétique et on suppose maintenant que les protons sont susceptibles de se déplacer, de telle sorte que des ondes, qualifiées d’acoustiques, peuvent se propager dans ce plasma.

On envisage un modèle unidimensionnel et on note ξ(x,t)\xi(x,t) le déplacement d’une tranche de protons par rapport à sa position d’équilibre xx, à l’instant tt. On se place dans le cas de faibles déplacements relatifs (c’est-à-dire ∣∂ξ/∂x∣≪1|\partial\xi/\partial x| \ll 1). On suppose que la longueur d’onde de ces ondes est grande devant la longueur de Debye introduite dans la partie précédente.

On admet que la densité d’équilibre nen_e des électrons, vue dans le cas statique de la partie précédente, demeure valable dans le cas quasi-statique de cette partie (cela est valable si la fréquence des ondes est petite devant la pulsation-plasma des électrons). Par contre, la densité np(x,t)n_p(x,t) des protons ne s’écrit alors plus comme l’équation (2). Enfin, on ne considère pas les forces de pression ni celles de gravitation.

Axes x (horizontal) et z (vertical) ; plusieurs traits verticaux pleins, chacun à côté d’un trait vertical pointillé (position d’équilibre) ; une petite flèche horizontale sous l’un d’eux est marquée ξ(x,t).
Fig. 2: Ondes acoustiques dans un plasma, à t donné. Les traits pointillés représentent la position d’équilibre et ξ(x, t) représente le déplacement des protons par rapport à leur position d’équilibre.

10. Montrer que les hypothèses permettent de développer la densité en protons, à l’ordre non nul le plus bas, sous la forme :

np(x,t)n0=1+eV(x,t)kBT+o(eV(x,t)kBT).\frac{n_p(x,t)}{n_0} = 1 + \frac{e\mathrm{V}(x,t)}{k_{\mathrm{B}}\mathrm{T}} + o\left(\frac{e\mathrm{V}(x,t)}{k_{\mathrm{B}}\mathrm{T}}\right) .

11. À l’aide d’un bilan de matière, montrer qu’au même degré d’approximation qu’à la question précédente, le déplacement ξ(x,t)\xi(x,t) est lié au potentiel V(x,t)\mathrm{V}(x,t) par l’équation :

∂ξ(x,t)∂x=−eV(x,t)kBT,\frac{\partial\xi(x,t)}{\partial x} = -\frac{e\mathrm{V}(x,t)}{k_{\mathrm{B}}\mathrm{T}} ,

où V(x,t)\mathrm{V}(x,t) est le potentiel électrique en xx, à l’instant tt.

12. Écrire le système d’équations différentielles couplant le déplacement ξ(x,t)\xi(x,t) et le potentiel V(x,t)\mathrm{V}(x,t). On admettra que dξ/dt=∂ξ/∂t\mathrm{d}\xi/\mathrm{d}t = \partial\xi/\partial t.

13. Montrer que le déplacement ξ(x,t)\xi(x,t) vérifie une équation de propagation d’onde.

14. Donner l’expression de la vitesse « acoustique » csc_s associée au mouvement des protons. Expliquer brièvement pourquoi de telles ondes peuvent exister alors que le plasma est supposé cinétique.

15. Calculer numériquement csc_s pour le vent solaire et commenter.

1.3 Écrantage magnétique

La plupart des plasmas astrophysiques sont soumis à un champ magnétique, en particulier le plasma du vent solaire. On étudie dans les parties 1.3.1 et 1.3.2 la réponse d’un plasma à une perturbation magnétique extérieure. Pour ces deux parties uniquement, on suppose que les protons sont fixes et que seuls les électrons sont susceptibles de se déplacer.

On considère un modèle unidimensionnel où le plasma, homogène et globalement neutre, occupe le demi-espace x>0x > 0 (voir Fig. 3). Le demi-espace x<0x < 0 est supposé vide et soumis à un champ magnétique homogène :

B→0=B0(t)ez→(x<0).\overrightarrow{\mathrm{B}}_0 = \mathrm{B}_0(t)\overrightarrow{e_z} \qquad (x < 0) .

On suppose que le champ magnétique dans le plasma s’écrit B→=B(x,t) ez→\overrightarrow{\mathrm{B}} = \mathrm{B}(x,t)\,\overrightarrow{e_z} (pour x>0x > 0).

On admet que les plasmas considérés sont de très bons conducteurs. En conséquence, dans toute la partie 1.3, on pourra négliger le terme en dérivation temporelle du champ électrique dans l’équation de Maxwell-Ampère (approximation des régimes quasi-stationnaires, ou ARQS).

Axes x (horizontal, origine 0) et z (vertical) ; à gauche de l’axe z la mention « vide », à droite le demi-plan hachuré marqué « plasma ».
Fig. 3: Configuration étudiée dans la partie 1.3.

16. Montrer qu’un champ électrique se forme alors dans le plasma et que celui-ci est nécessairement de la forme E→=E(x,t) ey→\overrightarrow{\mathrm{E}} = \mathrm{E}(x,t)\,\overrightarrow{e_y}.

1.3.1 Cas d’un plasma collisionnel (Γ ≫ 1)

17. Rappeler l’expression de la loi d’Ohm locale. On notera γ\gamma la conductivité électrique.

18. Montrer que le champ magnétique vérifie une équation de diffusion magnétique, analogue à une équation de diffusion thermique, et exprimer le coefficient de diffusion magnétique associé.

19. Estimer le temps caractéristique de diffusion du champ magnétique sur une longueur égale au rayon solaire. On admet que, pour l’intérieur du Soleil, γ≈6×106 Ω−1.m−1\gamma \approx 6 \times 10^{6}\ \Omega^{-1}.\mathrm{m}^{-1}. Que peut-on en conclure ?

1.3.2 Cas d’un plasma cinétique (Γ ≪ 1)

On admet qu’en absence de collision, la loi d’Ohm doit être remplacée par l’équation du mouvement des électrons.

20. On note ve→=ve(x,t) ey→\overrightarrow{v_e} = v_e(x,t)\,\overrightarrow{e_y} la vitesse d’ensemble des électrons. À quelle condition peut-on négliger la force de Lorentz magnétique ? Vérifier numériquement que cette condition est remplie.

21. Écrire les équations couplées portant sur E(x,t)\mathrm{E}(x,t), ve(x,t)v_e(x,t) et le champ magnétique B(x,t)\mathrm{B}(x,t) à l’intérieur du plasma.

22. En déduire l’expression de B(x,t)\mathrm{B}(x,t) pour B0(t)\mathrm{B}_0(t) donné, en introduisant une longueur caractéristique λpl\lambda_{\mathrm{pl}}.

23. Comparer ce résultat à celui de la question 18. Calculer numériquement λpl\lambda_{\mathrm{pl}} pour le vent solaire.

24. La causalité est-elle vérifiée par l’expression obtenue à la question précédente ? Relier ce résultat à l’une des hypothèses. Comment celle-ci peut-elle se reformuler en fonction de B0(t)\mathrm{B}_0(t) et λpl\lambda_{\mathrm{pl}} ?

1.3.3 Ondes d’Alfvén dans un plasma cinétique avec champ magnétique

On considère un plasma cinétique dans lequel, en l’absence de perturbation, règne un champ magnétique uniforme et statique B0→=B0ez→\overrightarrow{\mathrm{B}_0} = \mathrm{B}_0\overrightarrow{e_z}. En accord avec ce qui a été vu dans la partie précédente, ce champ magnétique ne peut pas provenir de l’extérieur du plasma, mais est supposé créé à l’intérieur de celui-ci par des sources dont on ne se préoccupera pas.

On recherche des modes d’oscillation incompressible des protons (à npn_p constante), tels que ceux représentés sur la figure 4. Le déplacement ξ(z,t)\xi(z,t) des protons est parallèle à l’axe xx et ne dépend que de zz et de tt. Ces modes d’oscillations sont appelés ondes d’Alfvén. On recherche le champ magnétique sous la forme :

B→=B0ez→+B(z,t)ex→.(4)\overrightarrow{\mathrm{B}} = \mathrm{B}_0\overrightarrow{e_z} + \mathrm{B}(z,t)\overrightarrow{e_x} . \qquad (4)
Axes x (horizontal) et z (vertical) ; quatre droites verticales pointillées (positions d’équilibre) et, autour de chacune, une courbe ondulée verticale ; une flèche horizontale entre une droite pointillée et sa courbe est marquée ξ(z,t).
Fig. 4: Ondes d’Alfvén, à t donné.

25. On rappelle que les plasmas cinétiques sont de très bon conducteurs et que ve→\overrightarrow{v_e} désigne la vitesse d’ensemble des électrons. Justifier que l’on peut écrire E→+ve→∧B→=0→\overrightarrow{\mathrm{E}} + \overrightarrow{v_e} \wedge \overrightarrow{\mathrm{B}} = \overrightarrow{0}.

26. Justifier que, pour assurer la cohérence de ce modèle, il faut pouvoir négliger le courant de protons devant le courant électronique, si bien que :

j→=je→+jp→≈je→.\overrightarrow{j} = \overrightarrow{j_e} + \overrightarrow{j_p} \approx \overrightarrow{j_e} .

27. À l’aide des équations de Maxwell, des questions précédentes et de l’équation du mouvement des protons, montrer que le champ magnétique B(z,t)\mathrm{B}(z,t) vérifie une équation de propagation.

28. Donner l’expression de la vitesse de propagation vAv_{\mathrm{A}}, appelée « vitesse d’Alfvén », en fonction de B0\mathrm{B}_0, npn_p, μ0\mu_0 et mpm_p.

29. Calculer numériquement vAv_{\mathrm{A}} pour le vent solaire.

Отговори

Решение


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