X-ENS 2017, Приемен изпит, математика и физика — Задача 3. Réponse en fréquence de la touffe ciliaire

ÉCOLE POLYTECHNIQUE – ÉCOLES NORMALES SUPÉRIEURES · CONCOURS D’ADMISSION 2017 · FILIÈRE MP · COMPOSITION DE PHYSIQUE (XULCR)

Consignes

(Durée : 4 heures)

L’utilisation des calculatrices n’est pas autorisée pour cette épreuve.
Les applications numériques seront données avec un seul chiffre significatif.

Условие

III. A) Dynamique d’une touffe ciliaire libre et acouphènes

On considère une touffe ciliaire décrite par le modèle HH. Pour en étudier la dynamique, on considère le système constitué uniquement de l’ensemble des canaux.

15. Pour une valeur de xx donnée, justifier que l’ensemble des ressorts exerce sur le système constitué de l’ensemble des canaux une force de rappel −Φ(x)e⃗x-\Phi(x)\vec{e}_x, où la fonction Φ(x)\Phi(x) est déterminée à la question 7. Pour quelle valeur particulière de la force FF imposée à la touffe ciliaire, notée FcF_c, la position x=x0x = x_0, où x0x_0 est défini en question 1, est-elle une position d’équilibre ? À quelle condition sur KHHK_{HH} cet équilibre est-il instable ?

16. Pour la suite, on considère la touffe ciliaire en l’absence de stimulus (force FF imposée nulle). On supposera que la force de friction due au fluide environnant qui s’exerce sur le système constitué de l’ensemble des canaux s’écrit −λdxdte⃗x-\lambda \dfrac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}t}\vec{e}_x, où x(t)x(t) est l’élongation de la touffe ciliaire et λ\lambda une constante positive. On peut montrer par ailleurs que la masse mm de l’ensemble des canaux est négligeable devant λτ\lambda\tau, où τ\tau est l’échelle de temps caractéristique de variation de xx. Établir l’équation différentielle vérifiée par x(t)x(t).

17. L’expérience montre qu’un facteur supplémentaire agit sur chaque canal et en régule la probabilité d’ouverture. Cet effet peut être pris en compte de manière effective en considérant que la constante x0x_0, qui apparait dans l’expression de pOp_O obtenue en question 2, n’est plus fixée par la formule déterminée en question 1, mais est en fait dépendante du temps et vérifie :

dx0dt=−α(x0−x),(2)\frac{\mathrm{d}x_0}{\mathrm{d}t} = -\alpha(x_0 - x), \qquad (2)

avec α>0\alpha > 0. Déterminer aa et bb pour que x=a, x0=bx = a,\ x_0 = b soit un état stationnaire du problème.

18. On définit y=x−ay = x - a et y0=x0−by_0 = x_0 - b. Donner les équations différentielles satisfaites par yy et y0y_0 à l’ordre linéaire en yy et y0y_0. Montrer qu’elles se mettent sous la forme

dydt=−κ((1−ν)y+νy0); dy0dt=−α(y0−y)(3)\frac{\mathrm{d}y}{\mathrm{d}t} = -\kappa((1 - \nu)y + \nu y_0);\ \frac{\mathrm{d}y_0}{\mathrm{d}t} = -\alpha(y_0 - y) \qquad (3)

où κ\kappa et ν\nu sont des paramètres positifs à déterminer.

19. Etablir une équation vérifiée par ss pour qu’une solution de la forme y=Cesty = Ce^{st} et y0=C0esty_0 = C_0e^{st} existe avec (C,C0)≠(0,0)(C, C_0) \neq (0, 0).

20. On suppose κ≫α\kappa \gg \alpha et (1−ν)κ(1 - \nu)\kappa de l’ordre de α\alpha. Calculer les valeurs possibles de ss dans ce régime et en déduire les deux échelles de temps caractéristiques de la dynamique. On séparera partie réelle et partie imaginaire de ss et on en donnera l’ordre dominant uniquement.

21. Montrer que pour ν<νc\nu < \nu_c, où νc\nu_c est une grandeur qu’on exprimera en fonction de α\alpha et κ\kappa, la solution x=a, x0=bx = a,\ x_0 = b est stable. Décrire la dynamique de y(t),y0(t)y(t), y_0(t) pour ν>νc\nu > \nu_c. On pourra dans chaque cas tracer l’allure d’une trajectoire typique dans le plan (y,y0)(y, y_0).

22. Application numérique. On donne α=10−2 s−1\alpha = 10^{-2}\ \mathrm{s^{-1}}, λ=10−7 kg⋅s−1\lambda = 10^{-7}\ \mathrm{kg \cdot s^{-1}}, N=200N = 200. Quelle est la pulsation caractéristique des oscillations spontanées de la touffe ciliaire quand ν→νc+\nu \to \nu_c^+ ? Chez l’homme cette dynamique spontanée est régulée et ∣y(t)∣|y(t)| reste faible en l’absence d’excitation extérieure. Justifier que si ce mécanisme de régulation est défaillant, le sujet peut percevoir un son en l’absence d’excitation extérieure. Une telle anomalie est appelée acouphène.

III. B) Filtrage non linéaire

23. On s’intéresse à la réponse de la touffe ciliaire à un stimulus extérieur sinusoidal. Ce stimulus est modélisé comme une force supplémentaire appliquée à l’ensemble des canaux, notée Fa(t)e⃗xF_a(t)\vec{e}_x. On considère la touffe ciliaire au voisinage de son état stationnaire défini en question 17. Que deviennent les équations (3) en présence de FaF_a ?

24. On écrit Fa(t)=λ(f0eiωt+f0∗e−iωt)F_a(t) = \lambda(f_0e^{i\omega t} + f_0^*e^{-i\omega t}), où f0∗f_0^* est le complexe conjugué de f0f_0. Pour ν=νc\nu = \nu_c, chercher la solution forcée de la dynamique linéarisée sous la forme y(t)=yaeiωt+ya∗e−iωty(t) = y_ae^{i\omega t} + y_a^*e^{-i\omega t}. Tracer le gain g(ω)≡∣ya(ω)∣/∣f0∣g(\omega) \equiv |y_a(\omega)|/|f_0|. Donner sans calcul l’allure de la courbe pour ν≠νc\nu \neq \nu_c et 0<νc−ν≪10 < \nu_c - \nu \ll 1. Au voisinage de quelle pulsation ω0\omega_0 le gain est-il maximal ?

25. Dans le régime où le gain est important, l’analyse linéaire devient insuffisante et des non linéarités apparaissent. On peut montrer que la dynamique qui tient compte de la première correction non linéaire s’écrit pour ν∼νc\nu \sim \nu_c :

d2ydt2+κ(νc−ν)dydt+ω02y+δ(dydt)3=B1Fa(t)+B2dFadt,(4)\frac{\mathrm{d}^2y}{\mathrm{d}t^2} + \kappa(\nu_c - \nu)\frac{\mathrm{d}y}{\mathrm{d}t} + \omega_0^2y + \delta\left(\frac{\mathrm{d}y}{\mathrm{d}t}\right)^3 = B_1F_a(t) + B_2\frac{\mathrm{d}F_a}{\mathrm{d}t}, \qquad (4)

où δ>0\delta > 0 est une constante. Vérifier que cette équation, à l’ordre linéaire en yy, reproduit la dynamique linéaire déterminée dans la question 23 pour des constantes B1,B2B_1, B_2 à déterminer. Dans la suite de cette partie, on prendra ν=νc\nu = \nu_c, ce qui définit le point critique du système.

26. On considère un stimulus Fa(t)F_a(t) de pulsation ω\omega comme défini en question 23. À quelles harmoniques donne naissance le terme non linéaire de l’équation (4) ? Justifier que l’on peut chercher la solution forcée de l’équation (4) sous la forme

y(t)=∑k=−∞+∞y2k+1ei(2k+1)ωt(5)y(t) = \sum_{k=-\infty}^{+\infty} y_{2k+1}e^{i(2k+1)\omega t} \qquad (5)

où les coefficients ypy_p, qu’on ne cherchera pas à déterminer, vérifient y−p=yp∗y_{-p} = y_p^*.

27. Justifier que pour ω∼ω0\omega \sim \omega_0, on a ∣y1∣≫∣y2k+1∣, ∀k≠0|y_1| \gg |y_{2k+1}|,\ \forall k \neq 0. En déduire que dans ce régime, on peut écrire à l’ordre dominant y(t)≃y1eiωt+y1∗e−iωty(t) \simeq y_1e^{i\omega t} + y_1^*e^{-i\omega t}, où y1y_1 est déterminé par une équation cubique que l’on donnera.

28.a. Montrer qu’à la résonance (ω=ω0)(\omega = \omega_0), le gain ∣y1∣/∣f0∣|y_1|/|f_0| devient arbitrairement grand pour des stimuli Fa(t)F_a(t) faibles. Comment le gain dépend-il de f0f_0 quand on s’éloigne de la résonance ?

28.b. Des études expérimentales indiquent que les différentes touffes ciliaires de l’oreille interne présentent une grande variabilité de fréquences de résonance, contrôlées par le nombre et la taille de leurs cils. Justifier de l’intérêt, pour le système auditif, que chacune des touffes ciliaires soit positionnée au voisinage de son point critique ν=νc\nu = \nu_c.

III. C) Mécanisme spontané de positionnement au point critique

L’expérience suggère que chaque touffe ciliaire fonctionne naturellement au voisinage de son point critique. Cette partie présente un mécanisme d’adaptation qui permet à une touffe ciliaire de se positionner spontanément au voisinage de son point critique. On supposera dans toute cette partie que la dynamique d’une touffe ciliaire est donnée par l’équation (4) avec Fa=0F_a = 0.

29. Des études expérimentales montrent que le paramètre ν\nu est contrôlé par la concentration en ions K+\mathrm{K}^+ et Ca2+\mathrm{Ca}^{2+} dans la cellule portant la touffe ciliaire, dont la concentration totale est notée c(t)c(t). La dynamique de c(t)c(t) s’écrit :

dcdt=−cτ+J0pO,(6)\frac{\mathrm{d}c}{\mathrm{d}t} = -\frac{c}{\tau} + J_0p_O, \qquad (6)

avec J0>0J_0 > 0. On supposera tout d’abord que pOp_O est une fonction croissante de yy, telle que pO(y=0)≪1p_O(y = 0) \ll 1 est la probabilité d’ouverture d’un canal au repos. On n’utilisera pas la forme fonctionnelle explicite étudiée précédemment, mais on pourra supposer l’existence d’un développement autour de y=0y = 0 : pO(y)=a0+a1y+o(y)p_O(y) = a_0 + a_1y + o(y). Décrire qualitativement l’effet des deux termes du membre de droite de l’équation (6) et en proposer une interprétation.

30. a. On suppose τ≫1/ω0\tau \gg 1/\omega_0, et on fait l’hypothèse que le système reste dans le régime ∣ν−νc∣≪1|\nu - \nu_c| \ll 1. Justifier que l’on peut chercher c(t)c(t) sous la forme c(t)≃c0(t)+c1(t)eiω0t+c1∗(t)e−iω0tc(t) \simeq c_0(t) + c_1(t)e^{i\omega_0t} + c_1^*(t)e^{-i\omega_0t}, où c0(t)c_0(t) et c1(t)c_1(t) varient peu à l’échelle de temps 1/ω01/\omega_0. À quelle échelle de temps varient c0(t)c_0(t) et c1(t)c_1(t) ?

30. b. Montrer que c0(t)c_0(t) peut être défini par c0(t)=ω02π∫tt+2π/ω0c(t′)dt′c_0(t) = \dfrac{\omega_0}{2\pi}\displaystyle\int_t^{t+2\pi/\omega_0} c(t')\mathrm{d}t'. Comment définir c1(t)c_1(t) ?

31. On suppose que le couplage entre c(t)c(t) et ν\nu peut s’écrire ν(t)=ν0−χc0(t)\nu(t) = \nu_0 - \chi c_0(t), avec ν0>νc\nu_0 > \nu_c et χ>0\chi > 0. En supposant une concentration initiale telle que ν<νc\nu < \nu_c, décrire qualitativement l’évolution du système et justifier qualitativement l’existence d’un régime permanent. Justifier qu’en régime permanent, on a ν>νc\nu > \nu_c.

32. À quelle échelle de temps varie ν(t)\nu(t) ? Au voisinage du point critique (ν∼νc)(\nu \sim \nu_c), quelles sont les pulsations engendrées par le terme κ(νc−ν)dy/dt\kappa(\nu_c - \nu)dy/dt dans l’équation (4) ? Montrer que sous les hypothèses précédentes, ν\nu peut être supposé constant dans cette équation. Justifier que l’on peut alors en chercher la solution sous la forme y(t)≃yaeiω0t+ya∗e−iω0ty(t) \simeq y_ae^{i\omega_0t} + y_a^*e^{-i\omega_0t}, et déterminer ∣ya∣2|y_a|^2 en faisant apparaître c0c_0.

33. Déduire de l’équation (6) qu’en régime permanent c0c_0 s’exprime en fonction de

⟨pO⟩=ω02π∫02π/ω0pO(yaeiω0t+ya∗e−iω0t)dt.(7)\langle p_O \rangle = \frac{\omega_0}{2\pi}\int_0^{2\pi/\omega_0} p_O(y_ae^{i\omega_0t} + y_a^*e^{-i\omega_0t})\mathrm{d}t. \qquad (7)

On suppose pour simplifier que l’on peut se contenter d’un développement quadratique de la probabilité d’ouverture : pO(y)=a0+a1y+a2y2p_O(y) = a_0 + a_1y + a_2y^2. Donner c0c_0 et ∣ya∣2|y_a|^2 en régime permanent, et montrer qu’effectivement, le système peut spontanément se positionner à proximité de son point critique. Sous quelles conditions sur la fonction pO(y)p_O(y) est-ce le cas ?

34. Conclure sur l’efficacité d’un tel système pour détecter un stimulus.

Решение

Внимание: Непълно решение

В архива няма официално решение на тази задача.


Оригинал в Архива: MP_2017.pdf