X-ENS 2022, Приемен изпит, физика и химия — Задача 2. États métastables de l’hélium liquide

CONCOURS D’ADMISSION 2022 — FILIERE PC — Epreuve n° 5 — PHYSIQUE B (XEULS) · 27 април 2022 г.

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ECOLE POLYTECHNIQUE - ESPCI — ECOLES NORMALES SUPERIEURES

CONCOURS D’ADMISSION 2022

MERCREDI 27 AVRIL 2022 — 08h00 - 12h00

FILIERE PC - Epreuve n° 5

PHYSIQUE B (XEULS)

Durée : 4 heures

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Étude de l’hélium superfluide métastable

Introduction

Dans ce sujet, nous nous intéressons à l’hélium 4 (ou 4He^{4}\mathrm{He}) à basse température, que nous appellerons simplement hélium par la suite. La première partie permet d’aborder les propriétés singulières de l’hélium liquide à basse température. L’hélium liquide peut être préparé dans des états dits “métastables” : la description de ces états fera l’objet de la seconde partie. Enfin, la troisième partie traite de l’étude expérimentale de l’hélium métastable par deux techniques : la mesure de la masse volumique par interférométrie et la mesure de la “fréquence Brillouin” par diffusion Brillouin. Ces deux mesures permettent de remonter à l’équation d’état de l’hélium métastable. Ces trois parties, ainsi que les sous-parties 3.1 et 3.2, sont dans une large mesure indépendantes.

Indications

On donne 503≃3,5\sqrt[3]{50} \simeq 3{,}5.

Constantes fondamentales

  • célérité de la lumière dans le vide : c≃3×108 m.s−1c \simeq 3 \times 10^{8}\ \mathrm{m.s^{-1}}
  • permittivité diélectrique du vide : ϵ0≃9×10−12 F.m−1\epsilon_0 \simeq 9 \times 10^{-12}\ \mathrm{F.m^{-1}}
  • constante de Planck : h≃7×10−34 J.sh \simeq 7 \times 10^{-34}\ \mathrm{J.s}
  • constante de Planck réduite : ℏ=h/2π≃1×10−34 J.s\hbar = h/2\pi \simeq 1 \times 10^{-34}\ \mathrm{J.s}
  • constante de Boltzmann : kB≃1,4×10−23 J.K−1k_B \simeq 1{,}4 \times 10^{-23}\ \mathrm{J.K^{-1}}

Notations et grandeurs liées à l’hélium liquide

  • masse atomique : mHe≃7×10−27 kgm_{\mathrm{He}} \simeq 7 \times 10^{-27}\ \mathrm{kg}
  • polarisabilité atomique : α\alpha
  • pression de vapeur saturante (coexistence liquide-gaz) : psatp_{\mathrm{sat}}
  • vitesse du son à T≃1 KT \simeq 1\ \mathrm{K} : v≃200 m.s−1v \simeq 200\ \mathrm{m.s^{-1}}
  • indice optique : n≃1n \simeq 1

Условие

L’hélium liquide à basse température, outre ses propriétés superfluides, a la caractéristique de pouvoir être obtenu avec une remarquable pureté. En effet, à quelques degrés Kelvin, toute impureté éventuellement présente dans le liquide est gelée sur les parois ou sédimente au fond du contenant. On peut ainsi, par filtrage, obtenir un liquide extrêmement pur. Cela offre la possibilité d’étudier les états “métastables” de l’hélium liquide. C’est ce que nous allons étudier dans cette partie.

2.1 Métastabilité et cavitation

On prend de l’hélium liquide à la température TT et à la pression p=psatp = p_{\mathrm{sat}}. Lorsque p<psatp \lt p_{\mathrm{sat}}, l’état thermodynamique le plus stable est la phase gazeuse. Cependant, il peut y avoir un retard au changement d’état, et l’hélium peut rester liquide bien que pp soit inférieure à psatp_{\mathrm{sat}}. Dans un tel cas, l’hélium est alors dit “métastable”. La rupture de l’état métastable, c’est-à-dire la transition liquide-gaz, s’appelle “cavitation”.

Pour comprendre la métastabilité, on peut considérer la situation suivante. Supposons que de l’hélium liquide soit à une pression pp inférieure à psatp_{\mathrm{sat}} (hélium métastable). L’énergie que l’on doit apporter au système pour créer la première bulle de gaz, de rayon rr, est donnée par

ΔE=43πr3(p−psat)+4πγr2(1)\Delta E = \frac{4}{3}\pi r^3 (p - p_{\mathrm{sat}}) + 4\pi\gamma r^2 \qquad (1)

Le premier terme, négatif, correspond au fait qu’il est énergétiquement favorable de créer une bulle de gaz dans le milieu. Le second terme fait intervenir le coefficient de tension superficielle γ\gamma à l’interface liquide-gaz.

5. Quelle est l’interprétation physique du second terme qui apparaît dans l’expression de ΔE\Delta E ? Tracer l’allure de ΔE\Delta E en fonction de rr à pp fixée. Mettre en évidence une valeur de rr, notée rcr_c, qui rend ΔE\Delta E maximale (on note ΔE∗\Delta E^* le maximum de ΔE\Delta E). On donnera les expressions de rcr_c et de ΔE∗\Delta E^*. Quelle énergie faut-il fournir pour qu’il y ait rupture de l’état métastable (i.e. cavitation) ?

6. Soit Γ\Gamma la probabilité de cavitation par unité de volume et par unité de temps à TT. Proposer une expression de Γ\Gamma en fonction de ΔE∗\Delta E^*, de kBTk_BT et d’une constante Γ0\Gamma_0 de même dimension que Γ\Gamma.

7. La présence d’impureté a pour effet de diminuer ΔE∗\Delta E^*. Pourquoi l’hélium liquide à basse température est-il intéressant pour l’étude des états métastables de la matière condensée ?

8. On crée un état métastable de volume VV. On note Σ(t)\Sigma(t) la probabilité que la cavitation ait eu lieu entre les instants 0 et tt. Σ(t+dt)−Σ(t)\Sigma(t + \mathrm{d}t) - \Sigma(t) correspond ainsi à la probabilité qu’il y ait cavitation entre un temps tt et un temps t+dtt + \mathrm{d}t. Exprimer Σ(t+dt)−Σ(t)\Sigma(t + \mathrm{d}t) - \Sigma(t) en fonction de Γ\Gamma, VV et Σ(t)\Sigma(t) et en déduire une équation différentielle sur Σ(t)\Sigma(t). En déduire l’expression de Σ(t)\Sigma(t).

9. On définit la pression de cavitation pcp_c telle que la probabilité de cavitation Σ(τ)\Sigma(\tau) définie au bout d’un temps τ\tau est égale à 12\frac{1}{2} : donner son expression en fonction de γ\gamma, kBk_B, TT, Γ0\Gamma_0, VV et τ\tau. Que se passe-t-il quand T→0T \to 0 ? Commenter le signe de pcp_c à basse température. Comment doit-on choisir VV et τ\tau pour maximiser ∣pc∣|p_c| (avec pc<0p_c \lt 0) ?

2.2 Pression négative

Il est possible d’étudier l’hélium liquide à des pressions pp inférieures à sa pression de vapeur saturante psatp_{\mathrm{sat}}. Les états métastables de l’hélium sont si robustes que l’on peut même atteindre des pressions négatives (des valeurs de −p-p de l’ordre de plusieurs bars peuvent être obtenues !).

10. Quelle est l’interprétation microscopique de la pression pour un gaz parfait ? Peut-elle être négative pour un gaz parfait ?

Une pression négative ne peut être atteinte que dans des systèmes où il y a des interactions attractives entre les particules. Beaucoup de fluides peuvent être décrits par l’équation d’état de van der Waals :

(p+aN2V2)(V−Nb)=NkBT(2)\left(p + a\frac{N^2}{V^2}\right)(V - Nb) = Nk_BT \qquad (2)

où aa et bb sont deux constantes positives qui dépendent de la nature du fluide, NN est le nombre de particules considéré et VV le volume du fluide.

11. Pourquoi peut-on avoir p<0p \lt 0 à basse température ? Donner en fonction de aa, bb et kBk_B la température T∗T^* en-dessous de laquelle la pression peut devenir négative.

Les systèmes à pression négative ne sont pas de simples curiosités de laboratoire : il en existe dans la nature, c’est par exemple le cas de la sève dans les arbres.

12. On considère un arbre de hauteur hh. La pression de la sève au niveau des racines est la pression atmosphérique p0p_0. Quelle est la pression de la sève dans l’arbre à une altitude zz ? À partir de quelle altitude cette pression devient-elle négative ? Faire une application numérique en assimilant la sève à de l’eau.

Решение

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