X-ENS 2024, Приемен изпит, физика и химия · Юлм — Задача 4. Propriétés macroscopiques d’un gaz unitaire

ECOLES NORMALES SUPERIEURES · CONCOURS D’ADMISSION 2024 · FILIERE PC - Epreuve n° 7 · PHYSIQUE C (U) · 18 април 2024 г.

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Consignes

JEUDI 18 AVRIL 2024 — 08h00 - 14h00

Durée : 6 heures

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Début de l’épreuve

Ce sujet comporte 13 pages numérotées de 1 à 13.

Consignes et indications générales
  • On néglige la gravité dans tout le sujet.
  • Aucune question ne fait appel à la mécanique quantique.
  • La justification des réponses et des étapes de raisonnement est prise en compte dans la notation.
  • Pour les questions ouvertes appelant une justification ou une discussion, la longueur de la réponse attendue est entre quelques mots et quelques lignes (mais les réponses plus longues ne sont pas sanctionnées).
  • Il est parfois demandé de vérifier que l’on retrouve une expression déjà obtenue dans une question précédente, ce qui peut aider à détecter et corriger d’éventuelles erreurs.
Notations et conventions
  • (Oxyz)(Oxyz) est un repère orthonormé, fixe dans le référentiel du laboratoire considéré comme un référentiel galiléen. Les vecteurs unitaires associés sont notés (u⃗x,u⃗y,u⃗z)(\vec{u}_x, \vec{u}_y, \vec{u}_z).
  • Élément de volume : dτ=dx dy dzd\tau = dx\,dy\,dz.
  • Norme d’un vecteur : A=∥A⃗∥A = \|\vec{A}\|.
  • f˙\dot{f} désigne la dérivée temporelle dfdt\dfrac{df}{dt} d’une fonction f(t)f(t), et f¨=d2fdt2\ddot{f} = \dfrac{d^2f}{dt^2}.
  • Pour une fonction f(r⃗)f(\vec{r}) qui ne dépend pas de la direction de r⃗\vec{r}, on pourra noter f(r)f(r) au lieu de f(r⃗)f(\vec{r}).
  • « Positif » signifie « supérieur ou égal à zéro ».
Formulaire

En coordonnées sphériques :

grad→ f=∂f∂r u⃗r+1r ∂f∂θ u⃗θ+1r sin⁡θ ∂f∂φ u⃗φ,div A⃗=1r2 ∂∂r(r2Ar)+1r sin⁡θ ∂∂θ(sin⁡θ  Aθ)+1r sin⁡θ ∂Aφ∂φ.\begin{aligned} \overrightarrow{\mathrm{grad}}\, f &= \frac{\partial f}{\partial r}\,\vec{u}_r + \frac{1}{r}\,\frac{\partial f}{\partial \theta}\,\vec{u}_\theta + \frac{1}{r\,\sin\theta}\,\frac{\partial f}{\partial \varphi}\,\vec{u}_\varphi ,\\ \mathrm{div}\,\vec{A} &= \frac{1}{r^2}\,\frac{\partial}{\partial r}\left(r^2 A_r\right) + \frac{1}{r\,\sin\theta}\,\frac{\partial}{\partial \theta}\left(\sin\theta\; A_\theta\right) + \frac{1}{r\,\sin\theta}\,\frac{\partial A_\varphi}{\partial \varphi} . \end{aligned}
div(f A⃗)=grad→ f⋅A⃗+f div A⃗\mathrm{div}\left(f\,\vec{A}\right) = \overrightarrow{\mathrm{grad}}\, f \cdot \vec{A} + f\,\mathrm{div}\,\vec{A}
Données numériques

Masse molaire du lithium 6 : M(6Li)=6,02 g⋅mol−1M\left({}^{6}\mathrm{Li}\right) = 6{,}02\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}}

Nombre d’Avogadro : NA=6,02×1023 mol−1\mathscr{N}_A = 6{,}02 \times 10^{23}\ \mathrm{mol^{-1}}

k=1,02×10−18 kg⋅s−2k = 1{,}02 \times 10^{-18}\ \mathrm{kg\cdot s^{-2}}

σ=60 μm\sigma = 60\ \mu\mathrm{m}

Увод

On appelle « système de particules en interaction » un système composé de NN particules interagissant entre elles. Il peut s’agir par exemple de molécules dans un gaz ou un liquide, d’électrons et d’ions dans un plasma, ou encore d’étoiles dans une galaxie.

D’ordinaire, ces systèmes ont les caractéristiques suivantes. Dès que N>2N > 2, il est impossible d’obtenir des résultats exacts sur l’évolution en fonction du temps des positions des NN particules par des calculs analytiques, c’est-à-dire sans utiliser de simulations numériques. Cependant, lorsque NN est grand, le comportement du système devient plus simple à décrire. Au bout d’un certain temps, le système atteint un état d’équilibre, décrit par la thermodynamique ou la statique des fluides. Ceci est vrai même si le système n’échange pas de chaleur avec son environnement. Pour décrire cet état d’équilibre aux échelles macroscopiques ou mésoscopiques, il suffit de connaître quelques fonctions qui relient entre elles des grandeurs thermodynamiques telles que la pression, la température ou l’énergie interne. La détermination de ces fonctions nécessite de construire des tableaux de données à partir de mesures expérimentales ou de simulations numériques (à la différence d’un gaz parfait, pour lequel ces fonctions ont des expressions connues). De plus, l’évolution d’un fluide en fonction du temps peut être décrite par la mécanique des fluides, qui fait intervenir quelques grandeurs supplémentaires telles que la viscosité dynamique. Ces grandeurs (appelées coefficients de transport) sont des fonctions des grandeurs thermodynamiques, et la détermination de ces fonctions nécessite là encore de construire des tableaux de données à partir d’expériences ou de simulations numériques.

Certains systèmes particuliers de particules en interaction possèdent des propriétés qui font exception à une ou plusieurs des caractéristiques énoncées dans le paragraphe précédent : on qualifiera de telles propriétés de propriétés extraordinaires.

Nous serons amenés à rencontrer de telles propriétés extraordinaires dans les parties 3 et 4. Alors que le système étudié en partie 3 n’a pas à ce jour de réalisation expérimentale, la partie 4 est reliée à des expériences actuelles avec des gaz froids. La partie 1 concerne la réalisation d’un piège optique pouvant servir dans ces expériences. Les parties suivantes sont indépendantes de la partie 1, à l’exception de deux questions où un lien avec la partie 1 sera indiqué dans l’énoncé. La partie 2 concerne un problème à une particule dont l’étude est utile pour les parties 3 et 4.

Условие

Dans cette partie, on s’intéresse aux propriétés macroscopiques d’un fluide particulier, appelé « gaz unitaire ». Il s’agit d’un gaz monoatomique, dans lequel les interactions entre atomes sont généralement loin d’être négligeables (même si elles décroissent rapidement avec la distance entre atomes) ; par exemple, l’équation d’état d’un gaz unitaire est très différente de celle d’un gaz parfait. La description microscopique d’un gaz unitaire fait appel à la mécanique quantique à NN corps, et sort du cadre de ce sujet. Nous admettrons donc certaines propriétés d’un gaz unitaire, et nous en étudierons les conséquences en utilisant la thermodynamique, la statique des fluides, et la mécanique des fluides (respectivement dans les sous-parties 4.1, 4.2 et 4.3).

4.1 Thermodynamique du gaz homogène

Dans cette sous-partie, on s’intéresse à un gaz unitaire homogène de volume VV. On admet que les principes de la thermodynamique sont applicables. On note NN le nombre d’atomes composant le gaz, PP la pression du gaz, UU son énergie interne, SS son entropie, TT sa température, n=NVn = \dfrac{N}{V} sa densité particulaire, et s=SNs = \dfrac{S}{N} son entropie par atome.

Dans toute la suite du sujet, on admet qu’un gaz unitaire homogène à l’équilibre vérifie les propriétés suivantes :

  • l’énergie interne et la pression sont liées par la relation
U=32 P V(4)U = \frac{3}{2}\,P\,V \qquad (4)
  • la pression PP est une fonction de nn et ss :
P=fP(n,s)(5)P = f_P(n,s) \qquad (5)

où la fonction fPf_P ne dépend d’aucune autre grandeur thermodynamique que nn et ss.

28) On considère la transformation suivante. Un gaz unitaire est enfermé dans une boîte de volume VV dont l’une des parois est un piston mobile. Les parois sont parfaitement isolantes thermiquement (autrement dit, la boîte est un calorimètre idéal). Le gaz est initialement à l’équilibre. On fait varier lentement le volume VV de la boîte en déplaçant la paroi mobile.

a) Montrer que P3 V5P^3\,V^5 est constant au cours de la transformation.

b) En déduire que fPf_P est de la forme

fP(n,s)=n5/3 gP(s)(6)f_P(n,s) = n^{5/3}\,g_P(s) \qquad (6)

où la fonction gPg_P ne dépend que de ss et pas de nn.

c) Indiquer brièvement en quoi l’équation (6) peut faciliter la détermination de la fonction fPf_P par des mesures expérimentales ou des simulations numériques.

29) a) Justifier brièvement et sans calculs que la propriété (5) est habituelle.

b) Proposer une brève justification physique intuitive du fait que la propriété (6) est inhabituelle.

c) En déduire que la propriété (4) est inhabituelle. On attend un raisonnement bref.

30) On considère la transformation suivante. Un gaz unitaire, initialement à l’équilibre, est enfermé dans une boîte de volume VV fixé. On apporte lentement une petite quantité de chaleur au gaz.

a) En utilisant le premier et le deuxième principe de la thermodynamique, établir une relation entre la variation d’énergie interne du gaz et sa variation d’entropie.

b) En déduire que pour un gaz unitaire homogène à l’équilibre, on a

T=n2/3 gT(s)(7)T = n^{2/3}\,g_T(s) \qquad (7)

où gTg_T est une fonction de ss (indépendante de nn) que l’on exprimera en termes de gPg_P.

Dans la suite, on admet que la fonction gTg_T est strictement croissante et continue. La fonction gTg_T est donc inversible. On a donc, pour un gaz unitaire homogène à l’équilibre :

s=gs(Tn2/3)(8)s = g_s\left(\frac{T}{n^{2/3}}\right) \qquad (8)

où gsg_s est la fonction réciproque de gTg_T.

4.2 Statique des fluides

Dans cette sous-partie, on considère un gaz unitaire, à l’équilibre, soumis à une force extérieure indépendante du temps. On admet que le gaz peut être décrit par la statique des fluides.

Chaque atome subit une force extérieure −k r⃗-k\,\vec{r}, où r⃗\vec{r} est le vecteur position de l’atome et kk est un paramètre constant strictement positif (on rappelle que la gravité est négligée).

On note

  • n(r⃗)n(\vec{r}) la densité particulaire (c’est-à-dire le nombre d’atomes par unité de volume)
  • P(r⃗)P(\vec{r}) la pression
  • f⃗(r⃗)\vec{f}(\vec{r}) la force extérieure par unité de volume subie par le gaz (aussi appelée densité volumique de force)
  • s(r⃗)s(\vec{r}) l’entropie par particule

au voisinage du point de vecteur position r⃗\vec{r}.

31) a) Donner une expression de f⃗(r⃗)\vec{f}(\vec{r}) faisant apparaître kk et n(r⃗)n(\vec{r}).

b) En utilisant l’équation locale de la statique des fluides, en déduire une relation entre les fonctions P(r⃗)P(\vec{r}) et n(r⃗)n(\vec{r}).

32) Justifier en quelques mots le fait que n(r⃗)n(\vec{r}), P(r⃗)P(\vec{r}) et s(r⃗)s(\vec{r}) ne dépendent pas de la direction de r⃗\vec{r}.

33) Justifier en quelques mots le fait que la température TT est uniforme dans tout le fluide.

34) Expliquer brièvement pourquoi, sous une hypothèse que l’on indiquera, on peut écrire

P(r)=n(r)5/3 gP(s(r))(9)P(r) = n(r)^{5/3}\,g_P\big(s(r)\big) \qquad (9)
s(r)=gs(Tn(r)2/3).(10)s(r) = g_s\left(\frac{T}{n(r)^{2/3}}\right) . \qquad (10)

On admet dans la suite que gs(0)=0g_s(0) = 0.

35) Dans cette question, on considère le cas où T=0T = 0, et on admet que dans ce cas, il existe une distance RR telle que : n(r)>0n(r) > 0 pour r<Rr < R, et n(r)=0n(r) = 0 pour r⩾Rr \geqslant R.

a) Exprimer n(r)n(r) en fonction de rr, n(0)n(0) et RR pour r<Rr < R ; et exprimer RR en fonction de kk, gP(0)g_P(0) et n(0)n(0).

b) Tracer l’allure de n(r)n(r).

c) On admet que gP(0)=ξ ℏ2mg_P(0) = \xi\,\dfrac{\hbar^2}{m} où mm est la masse d’un atome, ℏ=1,05×10−34 J⋅s\hbar = 1{,}05 \times 10^{-34}\ \mathrm{J\cdot s} est la constante de Planck réduite, et ξ\xi est une constante qui vaut ξ≈0.7\xi \approx 0.7 d’après des expériences et des simulations numériques concordantes. Déterminer la valeur numérique de RR avec un chiffre significatif, pour des atomes de lithium 6 avec n(0)=2,7×1019 m−3n(0) = 2{,}7 \times 10^{19}\ \mathrm{m^{-3}}. On utilisera 3,5≈2\sqrt{3{,}5} \approx 2 et les données numériques figurant en bas de la page 1.

d) Dans le cas où la force extérieure est due aux faisceaux laser considérés dans la partie 1, cette force est-elle bien approximée par −k r⃗-k\,\vec{r} pour tous les atomes du gaz ?

36) En réalité, TT n’est jamais strictement nulle. Dans cette question, on considère que la température est non nulle mais proche de 0.

a) On admet que la fonction gPg_P est continue. Justifier en quelques lignes pourquoi n(r)n(r) est proche du résultat trouvé à la question 35a lorsque rr est à la fois inférieur à RR et pas trop proche de RR.

b) On admet que la fonction n(r)n(r) est strictement positive et décroissante sur l’ensemble des rr positifs, et que n(r)⟶r→∞0n(r) \underset{r\to\infty}{\longrightarrow} 0. Tracer l’allure de n(r)n(r).

4.3 Mécanique des fluides

Dans cette sous-partie, on considère un gaz unitaire soumis à une force extérieure dépendante du temps. On note f⃗(r⃗,t)\vec{f}(\vec{r},t) la force extérieure par unité de volume subie par le gaz au voisinage du point de vecteur position r⃗\vec{r} au temps tt. On admet que le gaz peut être décrit par la mécanique des fluides.

On note n(r⃗,t)n(\vec{r},t) la densité particulaire au voisinage du point de vecteur position r⃗\vec{r} à l’instant tt, et v⃗(r⃗,t)\vec{v}(\vec{r},t) le champ eulérien de vitesse du fluide.

L’équation locale de conservation du nombre d’atomes s’écrit :

∂n∂t+div(n v⃗)=0.(11)\frac{\partial n}{\partial t} + \mathrm{div}\left(n\,\vec{v}\right) = 0. \qquad (11)

On introduit les notations :

  • (x1,x2,x3)(x_1, x_2, x_3) pour les composantes (x,y,z)(x, y, z) du vecteur r⃗\vec{r} en coordonnées cartésiennes,
  • (v1,v2,v3)(v_1, v_2, v_3) pour les composantes (vx,vy,vz)(v_x, v_y, v_z) du vecteur v⃗\vec{v} en coordonnées cartésiennes,
  • (f1,f2,f3)(f_1, f_2, f_3) pour les composantes (fx,fy,fz)(f_x, f_y, f_z) du vecteur f⃗\vec{f} en coordonnées cartésiennes.

On admet que dans le cas général d’un fluide compressible, l’équation de Navier-Stokes générale en coordonnées cartésiennes s’écrit : pour tout ii appartenant à {1;2;3}\{1; 2; 3\},

m n(∂vi∂t+v⃗⋅grad→ vi)=− ∂P∂xi+fi+∑j=13∂∂xj[η(∂vi∂xj+∂vj∂xi−23 δij div v⃗)]+∂∂xi(ζ div v⃗)(12)m\,n\left(\frac{\partial v_i}{\partial t} + \vec{v}\cdot\overrightarrow{\mathrm{grad}}\,v_i\right) = -\,\frac{\partial P}{\partial x_i} + f_i + \sum_{j=1}^{3}\frac{\partial}{\partial x_j}\left[\eta\left(\frac{\partial v_i}{\partial x_j} + \frac{\partial v_j}{\partial x_i} - \frac{2}{3}\,\delta_{ij}\,\mathrm{div}\,\vec{v}\right)\right] + \frac{\partial}{\partial x_i}\left(\zeta\,\mathrm{div}\,\vec{v}\right) \qquad (12)

où le fluide est supposé monoatomique, mm est la masse d’un atome, PP est la pression, δij\delta_{ij} est le symbole de Kronecker défini par

δij=1si i=j0si i≠j,\delta_{ij} = \begin{matrix} 1 & \text{si } i = j \\ 0 & \text{si } i \neq j , \end{matrix}

η\eta est la viscosité dynamique, et ζ\zeta est une grandeur appelée « viscosité de dilatation ».

On note s(r⃗,t)s(\vec{r},t) l’entropie par atome au voisinage du point de vecteur position r⃗\vec{r} à l’instant tt.

On admet que ss vérifie l’équation d’évolution

n T(∂s∂t+v⃗⋅grad→ s)=div(κ grad→ T)+η2 ∑i=13∑j=13(∂vi∂xj+∂vj∂xi−23 δij div v⃗)2+ζ×(div v⃗)2(13)n\,T\left(\frac{\partial s}{\partial t} + \vec{v}\cdot\overrightarrow{\mathrm{grad}}\,s\right) = \mathrm{div}\left(\kappa\,\overrightarrow{\mathrm{grad}}\,T\right) + \frac{\eta}{2}\,\sum_{i=1}^{3}\sum_{j=1}^{3}\left(\frac{\partial v_i}{\partial x_j} + \frac{\partial v_j}{\partial x_i} - \frac{2}{3}\,\delta_{ij}\,\mathrm{div}\,\vec{v}\right)^2 + \zeta\times\left(\mathrm{div}\,\vec{v}\right)^2 \qquad (13)

où TT est la température et κ\kappa est la conductivité thermique du fluide.

En général, les grandeurs nn, v⃗\vec{v}, PP, f⃗\vec{f}, η\eta, ζ\zeta, ss, TT et κ\kappa dépendent toutes de r⃗\vec{r} et tt.

On admet que les grandeurs η\eta, ζ\zeta et κ\kappa (appelées coefficients de transport du fluide) sont positives, et sont des fonctions de nn et TT :

η(r⃗,t)=fη(n(r⃗,t), T(r⃗,t))ζ(r⃗,t)=fζ(n(r⃗,t), T(r⃗,t))κ(r⃗,t)=fκ(n(r⃗,t), T(r⃗,t)).\begin{aligned} \eta(\vec{r},t) &= f_\eta\big(n(\vec{r},t),\, T(\vec{r},t)\big) \\ \zeta(\vec{r},t) &= f_\zeta\big(n(\vec{r},t),\, T(\vec{r},t)\big) \\ \kappa(\vec{r},t) &= f_\kappa\big(n(\vec{r},t),\, T(\vec{r},t)\big) . \end{aligned}

On considère la situation suivante. Chaque atome subit une force extérieure −k(t) r⃗-k(t)\,\vec{r}, où r⃗\vec{r} est le vecteur position de l’atome et

{k(t)=k0pour t⩽0k(t)=k1pour t>0avec k0≠k1.\begin{cases} k(t) = k_0 & \text{pour } t \leqslant 0 \\ k(t) = k_1 & \text{pour } t > 0 \end{cases} \qquad \text{avec } k_0 \neq k_1 .

Pour t⩽0t \leqslant 0, le fluide est à l’équilibre, à une température non nulle (on ne fait aucune autre hypothèse concernant l’état du fluide à t⩽0t \leqslant 0).

On admettra que les fonctions n(r⃗,t)n(\vec{r},t), v⃗(r⃗,t)\vec{v}(\vec{r},t), s(r⃗,t)s(\vec{r},t), P(r⃗,t)P(\vec{r},t) et T(r⃗,t)T(\vec{r},t) sont continues malgré la discontinuité de k(t)k(t), et que n(r⃗,t)n(\vec{r},t) et T(r⃗,t)T(\vec{r},t) sont strictement positives pour tout r⃗\vec{r} et tt.

37) Donner une expression de f⃗(r⃗,t)\vec{f}(\vec{r},t) faisant apparaître k(t)k(t) et n(r⃗,t)n(\vec{r},t).

38) Justifier en quelques mots le fait que

  • les fonctions n(r⃗,t)n(\vec{r},t), s(r⃗,t)s(\vec{r},t), P(r⃗,t)P(\vec{r},t) et T(r⃗,t)T(\vec{r},t) ne dépendent pas de la direction de r⃗\vec{r}
  • le champ de vitesse est de la forme v⃗(r⃗,t)=vr(r,t) u⃗r\vec{v}(\vec{r},t) = v_r(r,t)\,\vec{u}_r.

39) Vérifier que pour t⩽0t \leqslant 0, l’équation de Navier-Stokes générale (12) se réduit à une équation beaucoup plus simple dont on indiquera le nom.

40) Expliquer brièvement pourquoi, sous des hypothèses que l’on indiquera, on peut écrire

P(r,t)=n(r,t)5/3 gP(s(r,t))(14)P(r,t) = n(r,t)^{5/3}\,g_P\big(s(r,t)\big) \qquad (14)
s(r,t)=gs(T(r,t)n(r,t)2/3).(15)s(r,t) = g_s\left(\frac{T(r,t)}{n(r,t)^{2/3}}\right) . \qquad (15)

On note

  • BRB_R la boule de rayon RR centrée à l’origine
  • NB(R,t)N_B(R,t) le nombre d’atomes situés dans BRB_R à l’instant tt.

Dans la suite on admet la propriété suivante :

il existe une fonction λ(t)\lambda(t) définie pour t⩾0t \geqslant 0 telle que

  • pour tout RR, le nombre d’atomes NB(λ(t) R , t)N_B\big(\lambda(t)\,R\,,\,t\big) est indépendant de tt (P1)
  • λ(t)\lambda(t) est une fonction périodique de tt (P2)
  • λ(t=0)=1\lambda(t = 0) = 1. (P3)

41) S’agit-il d’une propriété extraordinaire, dans le sens défini dans l’introduction du sujet ? Justifier brièvement.

42) Exprimer NB(R,t)N_B(R,t) en terme du profil de densité particulaire n(r,t)n(r,t).

43) On pose n0(r)=n(r,0)n_0(r) = n(r,0). Montrer que pour tout rr et tout t⩾0t \geqslant 0, on a

n(r,t)=n0(rλ(t))λ(t)3.(16)n(r,t) = \frac{n_0\left(\dfrac{r}{\lambda(t)}\right)}{\lambda(t)^3} . \qquad (16)

44) a) Obtenir une expression de ∂NB∂t(R,t)\dfrac{\partial N_B}{\partial t}(R,t) faisant apparaître vr(R,t)v_r(R,t).

b) En déduire que pour tout rr et tout t⩾0t \geqslant 0, on a

vr(r,t)=λ˙(t)λ(t) r.(17)v_r(r,t) = \frac{\dot{\lambda}(t)}{\lambda(t)}\,r . \qquad (17)

45) On pose K=∑i=13∑k=13(∂vi∂xk+∂vk∂xi−23 δik div v⃗)2K = \displaystyle\sum_{i=1}^{3}\sum_{k=1}^{3}\left(\frac{\partial v_i}{\partial x_k} + \frac{\partial v_k}{\partial x_i} - \frac{2}{3}\,\delta_{ik}\,\mathrm{div}\,\vec{v}\right)^2. Calculer KK.

46) On note S(t)S(t) l’entropie totale du fluide. En supposant que les fonctions n s vn\,s\,v et κ grad→(ln⁡T)\kappa\,\overrightarrow{\mathrm{grad}}\big(\ln T\big) tendent rapidement vers zéro pour r→∞r \to \infty, montrer que

S˙(t)=∫[κ ∥grad→ T∥2T2+9(λ˙λ)2ζT]dτ.(18)\dot{S}(t) = \int\left[\frac{\kappa\,\|\overrightarrow{\mathrm{grad}}\,T\|^2}{T^2} + 9\left(\frac{\dot{\lambda}}{\lambda}\right)^2\frac{\zeta}{T}\right]d\tau . \qquad (18)

Dans la suite on admet que pour tout rr et pour tt positif, T(r,t)T(r,t) est une fonction périodique de tt, de même période que λ(t)\lambda(t).

47) En déduire que S(t)S(t) est constante.

48) a) Que peut-on en déduire concernant la viscosité de dilatation ζ\zeta d’un gaz unitaire ?

b) Indiquer brièvement en quoi ce résultat est une propriété extraordinaire, dans le sens défini dans l’introduction du sujet.

c) Proposer une explication intuitive du lien entre ce résultat et la périodicité de l’évolution du gaz.

49) a) En admettant que κ>0\kappa > 0, montrer que T(r,t)T(r,t) est indépendant de rr.

b) On note T(r,t)=T(t)T(r,t) = T(t), et T0=T(t=0)T_0 = T(t = 0). Montrer que pour tout t⩾0t \geqslant 0,

T(t)=T0λ(t)2.(19)T(t) = \frac{T_0}{\lambda(t)^2} . \qquad (19)

Indication : On pourra poser b(t)=T(t) λ(t)2b(t) = T(t)\,\lambda(t)^2 et commencer par établir une expression de S(t)S(t) faisant apparaître b(t)b(t).

50) a) On pose s0(r)=s(r,0)s_0(r) = s(r,0). Relier s(r,t)s(r,t) à s0(r)s_0(r).

b) On pose P0(r)=P(r,0)P_0(r) = P(r,0). Relier P(r,t)P(r,t) à P0(r)P_0(r).

On pose ω0=k0m\omega_0 = \sqrt{\dfrac{k_0}{m}} et ω1=k1m\omega_1 = \sqrt{\dfrac{k_1}{m}}.

51) a) Montrer que pour t>0t > 0, l’équation (12) est bien satisfaite à condition que λ(t)\lambda(t) vérifie une équation différentielle dont on exprimera les coefficients en termes de ω0\omega_0 et ω1\omega_1.

b) En se ramenant au problème étudié dans la partie 2, en déduire l’expression de λ(t)\lambda(t) en fonction de tt, ω0\omega_0 et ω1\omega_1.

52) On pose

G(t)=∑i=1N∥r⃗i(t)∥2G(t) = \sum_{i=1}^{N}\|\vec{r}_i(t)\|^2

où NN est le nombre total d’atomes et r⃗i(t)\vec{r}_i(t) est le vecteur position de l’atome ii à l’instant tt.

a) On pose G0=G(t=0)G_0 = G(t = 0). Exprimer G(t)G(t) en fonction de tt, G0G_0, ω0\omega_0 et ω1\omega_1.

b) Vérifier que la forme du résultat obtenu est la même qu’à la question 17, sans chercher à comparer les différents coefficients constants. Pouvait-on s’y attendre ?

c) Tracer l’allure de G(t)G(t), en traitant séparément les cas limites ω0≫ω1\omega_0 \gg \omega_1 et ω0≪ω1\omega_0 \ll \omega_1. Expliquer brièvement en quoi les résultats obtenus dans ces cas limites sont conformes à l’intuition physique.

Решение

Внимание: Непълно решение

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